“Mon esprit est à jamais marqué par le sceau des valeurs de la Cité” Pramod KHAKUREL


11/02/2014


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Aujourd’hui de retour au Népal, les activités de Pramod KHAKUREL sont guidées par les valeurs de la Cité qui l’ont profondément marqué.

Comment vous êtes-vous retrouvé à la Cité internationale ?


Je suis né en 1969 dans un village situé à une journée de marche au nord-ouest de la capitale népalaise Katmandou. J’ai grandi et fait toute ma scolarité dans ma région natale. J’ai ensuite rejoint Katmandou pour mes études supérieures. 

A 21 ans, j’ai eu le privilège de partir en France afin de poursuivre mes études supérieures. J’y ai vécu de 1991 à 2005. Au cours de ces années j’ai eu la chance de pouvoir aller à l’université où j’ai suivi des études d’anthropologie et de sociologie. J’ai eu un DEA d’anthropologie et de sociologie comparative de l’université Paris X, Nanterre.

En 2005 je suis revenu définitivement au Népal. C’est alors que j’ai créé une agence de voyage responsable Mandap Travels ainsi q’une école sociale offrant la possibilité à des enfants défavorisés d’accéder à une éducation de qualité.

« En pénétrant dans la Cité internationale J’avais l’impression d’entrer dans un château des rêves. » Pramod KHAKUREL.

 

Quelles ont été vos premières impressions à votre arrivée au 17 boulevard Jourdan ?

 

Je suis arrivé à la Cité en 2000, j’étais alors boursier et j’ai demandé à l’organisme qui gérait les bourses de m’aider. La personne qui s’occupait de mon dossier, dont je me rappelle encore la gentillesse, m’a trouvé une chambre dans la Résidence Lucien PAYE.

En franchissant l’entrée de la Cité j’avais l’impression d’entrer dans un “château des rêves”, où des centaines de portes du savoir s’ouvraient devant moi. La belle bibliothèque – pour le savoir – et le restaurant universitaire – pour les rencontres – étaient les deux endroits que j’appréciais le plus. Ensuite toutes ses maisons, le parc… Même après tant d’années lorsque j’y pense je ressens une grande émotion. J’ai l’impression d’y être à l’instant présent !

Le concept des maisons par pays, la possibilité de rencontrer des intellectuels du monde entier, la participation à des discussions par thème, des soirées organisées par les étudiants de pays différents,  la saveur du monde… Je crois que c’est l’endroit que j’ai aimé le plus à Paris et j’égrène encore avec beaucoup de nostalgie les plus beaux souvenirs conservés précieusement au plus profond de mon âme. 


Quelques amis que j’ai rencontrés là-bas me sont encore chers. J’ai été initié à littérature sud-américaine grâce à une amie, Esther, avec qui je corresponds toujours ; Sonia et Samiha, deux amies Tunisiennes qui m’ont accueillie comme un frère. Satyan, un ami Indien, qui écrivait alors une thèse sur André Malraux, m’a invité à son mariage il y a deux ans ! J’ai appris beaucoup sur l’Algérie aussi, grâce à mon amie Nadjat que j’ai beaucoup appréciée mais dont j’ai perdu le contact. Je me dits des années plus tard, que j’aurais dû rester un peu plus long temps, j’aurais appris encore plus choses sur les cultures du monde entier.

Quel est votre meilleur souvenir à la Cité internationale ?



Les rencontres et les échanges, sans barrière, avec des personnes venues du monde entier sur un lieu unique. Dans une ambiance fraternelle !
Je me souviens avec beaucoup de nostalgie de la lumière tamisée de la bibliothèque, de la pelouse du parc l’été, des discussions dans de nombreuses langues jusqu’à tard dans la soirée… Je revis encore ces instants précieux avec beaucoup de nostalgie.

A votre retour au Népal, votre expérience à la Cité vous a-t-elle servie ?


C’est la France et plus particulièrement mon passage à la cité qui m’a ouvert les yeux sur beaucoup de choses. J’ai appris que la base de la paix était le respect de l’autre, pour se faire il faut être conscient de sa différence. La compréhension de cette différence est devenue pour moi comme un miroir dans lequel se reflète ma propre identité. Donc à travers d’autres individus, je prends conscience de ma propre différence et ainsi je ne porte aucun jugement mais je respecte !


C’est dans cet esprit que j’ai créé, à mon retour au pays, Mandap Travels, une agence de voyage culturelle et responsable qui propose des circuits sur mesure. Durant ces voyages la différence culturelle est justement mise en valeur. J’ai la conviction que, même si c’est une goutte d’eau dans l’océan, ces voyages contribuent à la diffusion de la paix dans le monde.
Il faut d’ailleurs cultiver toutes ses valeurs dès l’enfance. C’est la raison pour laquelle, avec l’aide d’un ami français, j’ai créé l’école Victor HUGO, une école primaire au Népal. Les bénéfices de Mandap Travels sont reversés à cette école permettant à 150 enfants venant de différents pays de suivre un cursus scolaire.