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07/04/2024
Concours Evénements Arts Mécénat Parc Patrimoine

Les lauréats de la 7e édition du festival Jardins du monde en mouvement

Au détour d’un hêtre pourpre, d’un érable à cannelle ou d’un cèdre de l’Himalaya, découvrez les 5 projets lauréats de la 7e édition du festival Jardins du monde en mouvement. Ces créations éphémères valorisent avec ingéniosité le patrimoine immatériel de la Cité internationale. La nature est au cœur de ces créations, qu’elle soit célébrée pour sa capacité de régénérescence ou au contraire mise en scène pour alerter sur sa fragilité.

Des artistes inspirés et inspirants

C’est une nouvelle de Julio Cortazar, ancien résident de la Maison de l’Argentine, qui a inspiré Matteo Tassan, auteur de l’installation Les contes de la forêt, Soro Bardudo. C’est à un autre récit, celui de Jean Giono, que l’Atelier du vivant – Cyril Servettaz se réfère pour symboliser la paix, l’une des valeurs fondatrices de la Cité internationale. Semer les graines de la paix devient un lieu propice à l’échange et à la rencontre au sein du parc. Clarisse Cheung a également choisi de valoriser le vivre ensemble et les échanges culturels entre résidents qu’elle matérialise à travers une œuvre poétique nichée sous les pins qu’elle a intitulé Les Reflets du Vivant. Dans sa création, elle a recours au bois brûlé ou Shou-Sugi Ban, une technique ancestrale japonaise. C’est également dans le registre de la tradition nipponne que le collectif Muro atelier puise le principe constructif de son installation  Kintsugi, qui consiste à réparer la céramique au moyen de sève d’arbre teintée d’or. A la Fondation Deutsch de la Meurthe, en mémoire à Louis Pasteur dont un pavillon porte le nom, Rafaël Losfeld et Rudy Gardet créent C8H13NO5, une installation monumentale biodégradable en briques de mycélium, prenant la forme d’une molécule de chitine.

Semer les graines de la paix | Atelier du vivant – Cyril Servettaz, jardinier et paysagiste

« Il ne s’était pas du tout soucié de la guerre. Il avait imperturbablement continué à planter. » Jean Giono : L’homme qui plantait des arbres – 1953.

L’histoire et les valeurs portées par la Cité internationale, conçue dans le contexte pacifiste de l’Entre-deux guerres, font écho à ce récit. Le projet propose la mise en scène de cinq platelages en bois imbriqués les uns aux autres, représentant les cinq continents, en référence à la dimension internationale du site.  Rendant hommage à l’engagement écologiste et humaniste de Giono,  une citation est gravée sur les platelages. Différentes variétés de chênes sont plantées en lien aux milliers de semis réalisés par le protagoniste du récit de Giono.

Semer les graines de la paix | Atelier du vivant - Cyril Servettaz

Kintsugi | Muro atelier – Joana Tomas et Vincent Rault, architectes

Le concept de cette installation monumentale prend racine dans une technique artisanale japonaise ancestrale : le kintsugi. Littéralement “jointure en or” dans la langue nippone, elle consiste à réparer la céramique brisée grâce à de la sève d’arbre teintée d’or. C’est l’art de la résilience, ode aux imperfections, qui valorise un objet en sublimant ses cicatrices.

Appliquée à l’échelle d’un arbre ou de celle de la forêt, cet artisanat devient, à travers l’œuvre, une proposition de réflexion autour de la réparation du vivant, de la régénération et de l’invisible. En se développant autour d’un arbre du parc, l’œuvre reprend le dessin des cicatrices ou des fissures dans le sol laissées par les racines de l’être vivant, comme si l’arbre central devenait le point d’impact de la brisure.

Le projet extrude les racines en les transformant en une architecture temporaire qui révèle  les connexions invisibles de l’arbre à son environnement. La matérialité de l’installation tend à représenter tous les états, textures et odeurs du bois. L’œuvre se décline en plusieurs murs épais de blocs de lièges, en structure bois auto stables et fondés de manière légère. Elle s’adapte ainsi au site, venant dérouler sa forme en plan et en élévation pour se fondre dans son environnement.

Ce projet est réalisé en partenariat avec  

Kinsugi | Muro atelier - Joana Tomas et Vincent Rault

C8H13NO5 | Raphaël Losfeld, designer & Rudy Gardet, scénographe

C8H13NO5 est une installation monumentale biodégradable et éphémère en briques de mycélium de shiitakés, prenant la forme d’une molécule de chitine, constituant essentiel de la paroi cellulaire des champignons.

L’installation se déploie à proximité de la Fondation Deutsch de la Meurthe et du pavillon Louis Pasteur, pionnier de la connaissance des micro-organismes et dont les recherches sont cruciales pour la culture des champignons. C8H13NO5 crée un espace de sensibilisation aux propriétés prometteuses qu’offre le mycélium comme nouveau matériau.

Composée de vestiges de tours et de puits, l’installation invite à lever les yeux vers le paysage souterrain des champignons, et convie les visiteurs à se réunir autour du sol vers lequel l’ensemble retournera : au fil des saisons, l’installation est vouée à se dégrader.

A la fin du festival, la matière composant C8H13NO5 deviendra un amendement pour les sols du parc de la Cité internationale.

Les briques de shiitakés utilisés sont des déchets de production de la champignonnière La Caverne à Paris.

C8H13NO5 | Raphaël Losfeld & Rudy Gardet

Les Reflets du Vivant | Clarisse Cheung, architecte

Depuis sa création, la Cité internationale est un lieu multiculturel qui repose sur l’échange et le vivre-ensemble. L’œuvre propose de retracer poétiquement les parcours et interactions des résidents de ce lieu ouvert sur le monde. Elle évoque les âmes qui sont passées par là, qui ont contribué, qui contribuent ou qui contribueront à ce partage culturel. L’installation représente un fleuve d’échanges où passé, présent, futur se confondent.

L’œuvre se compose d’environ 400 fines tiges métalliques ancrées dans une structure en bois, et sur lesquelles sont fixés des disques de papier résistant à l’eau. Ce champ de disques oscillant au gré du vent, évoque ainsi les rencontres fortuites créées dans ce lieu humaniste. Le plateau en bois, surélevé par un socle, donne l’impression que l’œuvre flotte. Le bois est sculpté pour créer texture et vibration, puis brûlé. Cette technique ancestrale japonaise du Shou-Sugi Ban assure ainsi la protection du bois de façon durable et naturelle.

Les Reflets du Vivant devient un lieu spirituel et sensible pour cette diversité foisonnante qui suscite rencontres, discussions, repos et contemplation à l’abri des pins.

Les reflets du vivant | Clarisse Cheung

Les contes de la forêt, Soro Bardudo | Matteo Tassan, artiste plasticien

Cette installation intitulée Les contes de la forêt, Soro Bardudo, mêle fantasme et réalité dans un monde poétique avec ses arbres barbus, les « Soro Bardudo », qui reprennent l’allure du palmier de la pampa argentine, le « Trithrinax campestris ».

L’œuvre est inspirée de la nouvelle Les poisons (Los Venenos, 1956) de l’écrivain argentin Julio Cortazar, alumnus de la Maison de l’Argentine. Cet écrit conte l’histoire d’un enfant qui veut se débarrasser d’une fourmilière dans le jardin de ses parents. Pour se faire, il  injecte des insecticides par le biais d’une machine à fumée pour tuer les fourmis. La fourmilière est tellement grande que les insecticides contaminent les jardins avoisinants, tuant les plantes. Malgré le mécontentement des voisins, l’enfant continue de se battre contre les fourmis.  

Comme surgies d’un rêve, les structures ont pour base une branche d’arbre naturelle, recouverte de brosses recyclées de Car Wash automatique. Ces arbres barbus, habillés de plastique, évoquent le thème de l’empoisonnement des terres par l’homme, faisant référence à la nouvelle Les poisons. En effet, cette création artistique peut se voir comme une métamorphose onirique du monde végétal intoxiqué qui s’adapte pour survivre. Le feuillage des « Soro Bardudo » n’est plus que plastique depuis que la plante se nourrit de terre polluée.

Les contes de la forêt, Soro Bardudo | Matteo Tassan

UN PROJET SOUTENU PAR LE MÉCÉNAT DE LA CAISSE DES DÉPÔTS

Composition du jury

Sous la présidence de Vincent Mallard, directeur du patrimoine de la Cité internationale universitaire de Paris :

  • Gabrielle Jequece, responsable du programme architecture et paysage au département mécénat et partenariats de la Caisse des Dépôts
  • Bruno Tanant, paysagiste et enseignant à l’ENSA Versailles
  • Taina Wanderley, résidente du Collège franco-britannique et guide pour le Centre du patrimoine de la Cité internationale
  • Rafik Yahiaoui, architecte et enseignant au GRETA
  • Laurent Miguet, chef du service Transition écologique et collectivités locales – Le Moniteur des Travaux publics et du Bâtiment
  • Mongi Hammami, architecte-paysagiste DPLG – Enseignant responsable de la formation CESP (Certificat d’études supérieures paysagères) & la VAE
  • Philippe Solignac, chef du Bureau de la qualité de l’architecture et du paysage – Direction générale des patrimoines et de l’architecture – Ministère de la Culture
  • David Otamendi, responsable du domaine à la Cité internationale
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