Véritable invitation au voyage, les 47 maisons de la Cité internationale déclinent une étonnante palette de styles, régionaliste, classique, moderne, internationale ou durable, qui reflètent la tradition architecturale de leur pays d’origine ou les préoccupations d’une époque. Signées par de grands architectes, elles font de ce site un lieu emblématique de l’architecture à Paris.
Installées dans un parc de 34 hectares, les maisons de la Cité internationale composent une collection d’architectures qui recèle des chefs-d’œuvre signés par de grands noms tels que Bechmann, Le Corbusier, Dudok, Parent ou plus récemment les agence Lipsky + Rollet, Baumchlager Eberlé ou l’atelier chinois Feichang Jianzhu (FCJZ). À cela s’ajoutent des monuments intemporels qui revendiquent un style local, affirmant ainsi une identité nationale. Ainsi, les Maisons de l’Asie du Sud-Est, du Japon, des étudiants arméniens, la Fondations Abreu de Grancher et la Fondation hellénique exhibent leurs signes d’appartenance à une tradition architecturale parfois ancestrale, évoquant l’architecture annamite, adoptant un décor nippon, s’inspirant du style des monastères arméniens, de l’architecture coloniale espagnole ou encore du classicisme grec.
Ces témoignages marquent une époque où se côtoient dans un même élan créateur représentations traditionnelles et expressions contemporaines. La Cité internationale illustre le jeu de ces influences multiples. Décors sculptés ou gravés, peintures murales, fresques, tapisseries, sculptures et mobilier sont autant de formes d’expression et de symboles qui célèbrent la permanence ou le renouveau d’une culture.
Conçue par Lucio Costa et Le Corbusier et inaugurée en 1959, la Maison du Brésil a été inscrite en totalité au titre des Monuments historiques en 1985.
Réalisée par Le Corbusier en 1933, la Fondation suisse a été classée en totalité au titre des Monuments historiques le 16 décembre 1986. Ont également été classés les éléments dessinés par Le Corbusier : la peinture murale du grand salon, une banquette et 10 fauteuils, la banquette du vestibule du 1er étage et la banquette du palier de l’escalier.
La Fondation Emile et Louise Deutsch de la Meurthe, conçue par Lucien Bechmann et inaugurée en 1925, a été en partie inscrite au titre des Monuments historiques le 19 mai 1998 : le hall d’entrée, le hall de réception (le grand salon), le clos et le couvert des 7 pavillons qui composent la Fondation ainsi que le jardin et les terrasses dallées. Depuis février 2024, la totalité du pavillon central est inscrit.
Seule réalisation de Willem Marinus Dudok en France, le Collège néerlandais, inauguré en 1938, a été classé en totalité au titre des Monuments historiques le 4 mars 2005.
La Fondation Avicenne conçue par Claude Parent, André Bloc, Mossem Foroughi et Hedar Ghiai et inaugurée en 1969 a été inscrite en totalité au titre des Monuments historiques le 29 octobre 2008 (bâtiment, emprise au sol et composition paysagère).
La Fondation des États-unis, conçue par Pierre Le Prince-Ringuet et inaugurée en 1930, a été en partie inscrite au titre des Monuments historiques en 2009 (le grand salon et son décor).
Albert Laprade (1883-1978) occupe une place singulière dans le paysage architectural français du XXe siècle. Mais c’est à la Cité internationale universitaire de Paris qu’il laisse l’une de ses empreintes les plus durables, notamment avec la construction de la Fondation Abreu de Grancher.
Lucien Adolphe Bechmann (1880-1968) est un architecte français majeur du XXe siècle, dont l’œuvre allie tradition et modernité avec une grande rigueur technique. Après la Première Guerre mondiale, Bechmann joue un rôle clé dans la création de la Cité internationale universitaire de Paris.
Connu comme étant un architecte de renom du 20ᵉ siècle, Le Corbusier a laissé un héritage encore fécond aujourd’hui. Né en Suisse en 1887, il se forme comme graveur-ciseleur dans une école d’art avant de se lancer dans l’industrie horlogère, comme sa famille avant lui. Il abandonne ensuite cette carrière pour devenir architecte.
La Cité internationale a bénéficié d’un soutien financier de 25 millions d’euros de l’État et de l’Union européenne dans le cadre du Plan de relance au titre de la rénovation énergétique. Cinq maisons du campus ont été concernées : le Pavillon Gréard de la Deutsch de la Meurthe, la Fondation Avicenne, la Maison de Monaco, la Maison des étudiants arméniens et la Maison des Provinces de France. Les crédits alloués ont permis d’accélérer le déploiement de sa stratégie d’optimisation énergétique.
Le Pavillon Laprade, situé dans la partie Ouest du parc de la Cité internationale, est en cours de réhabilitation par la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP). A l’issue des travaux, cet ancien restaurant universitaire, désaffecté depuis les années 80, deviendra un tiers lieu composé d’un espace de restauration, de locaux sociaux et solidaires, de logements et d’une recyclerie.
La Cité internationale se révèle aussi à travers ses contenus audio. Plongez-vous dans une balade sonore spatio-temporelle qui vous raconte l’histoire des architectes emblématiques qui ont marqué ce campus.
Au fil du XXe siècle, un autre langage s’exprime au cœur de la Cité internationale universitaire de Paris : celui du design. Dès ses origines, la Cité internationale fait appel à des créateurs visionnaires pour imaginer des espaces de vie fonctionnels, esthétiques et adaptés à un mode de vie communautaire et international. Chaque objet raconte une vision du monde où la forme épouse la fonction et où le confort sert le vivre-ensemble.
À la fois espace d’exposition et de documentation, le Centre du patrimoine vous invite à découvrir l’histoire et l’actualité de la Cité internationale. Des visites guidées sont organisées toute l’année pour les groupes et les individuels sur réservation.