La cour d’honneur est un espace emblématique de la Cité internationale. Elle a été aménagée dans l’esprit du jardin à la française, dès l’inauguration de la Maison internationale en 1936. Elle se caractérise par ses parterres brodés de buis, ses formes géométriques, sa symétrie et ses lignes structurées. Les buis font l’objet d’une taille topiaire annuelle. Cette taille architecturée permet de préserver la précision des formes et l’esthétique de cet aménagement. Une caractéristique que la direction du domaine s’attache à préserver et à valoriser.
En avril 2026, la Cité internationale a présenté auprès de la Commission régionale du patrimoine et de l’architecture une demande d’inscription au titre des monuments historiques de la Maison internationale et de ses abords, dont la cour d’honneur. Cette demande vient d’être approuvée et la Cité internationale est désormais dans l’attente de l’arrêté d’inscription. Cette décision reconnaît la valeur historique, architecturale et paysagère de cet ensemble et vient souligner la qualité de sa conception, dans laquelle les espaces extérieurs participent pleinement à la mise en scène de l’édifice.
La cour d’honneur illustre notamment cette attention portée dès l’origine à l’articulation entre architecture et paysage. Si la rosace centrale et les parterres latéraux étaient déjà présents lors de l’inauguration de la Maison internationale au printemps 1936, le rond-point central était alors planté d’azalées et d’arbustes. Cette première composition fut rapidement jugée comme créant « un contraste anachronique et inesthétique avec l’architecture Louis XIII » de la Maison internationale. Dès l’automne 1936, elle fut remplacée par des buis taillés, dont la géométrie répondait davantage à l’architecture de l’édifice. Cette évolution témoigne de la recherche d’une véritable cohérence entre le bâtiment, son architecture et son environnement paysager.
A la Cité internationale, c’est la direction du domaine qui œuvre au bon entretien des espaces verts et de leur préservation. Depuis 2024, les équipes doivent se montrer particulièrement vigilantes face à une problématique devenue nationale : la pyrale du buis. Depuis son arrivée en France en 2008, la pyrale du buis, s’est rapidement répandue sur le territoire. Originaire d’Asie, ce papillon nocturne (Cydalima perspectalis) est aujourd’hui l’un des principaux ravageurs du buis. Ce sont surtout ses chenilles, particulièrement voraces, qui causent les dégâts. Elles se nourrissent du feuillage et peuvent donner naissance à plusieurs générations par an, de la chenille au papillon puis à la ponte de nouveaux œufs. Les attaques provoquent des défoliations parfois complètes, laissant apparaître les rameaux et pouvant, lorsqu’elles se répètent, entraîner le dépérissement voire la mort du buis.
Face à cette problématique, la direction du domaine a choisi de mettre en place une gestion préventive et un suivi régulier des buis. Pour cela, ils ont fait appel à l’accompagnement du bureau d’étude FREDON, spécialisé dans la gestion des risques phytosanitaires. Des visites sont réalisées régulièrement sur le site depuis 2023 afin d’observer l’état sanitaire des végétaux, de suivre l’évolution des populations de pyrale et d’identifier les éventuels signes de stress ou de faiblesse des buis.
La démarche mise en œuvre combine plusieurs leviers : des traitements ciblés contre la pyrale, mais également des engrais foliaires et des apports de terreau de feuilles au sol, afin de favoriser la vigueur naturelle des végétaux. L’objectif est de renforcer progressivement les buis et de réduire le recours aux traitements contre la pyrale, tout en préservant cet élément caractéristique de la cour d’honneur et du patrimoine paysager de la Cité internationale.
Parmi les solutions recommandées par le bureau d’études figure un traitement par pulvérisation. Le choix s’est porté sur un produit phytosanitaire de biocontrôle, utilisable en agriculture biologique, conçu pour lutter contre les insectes nuisibles à partir de substances ou de mécanismes d’origine naturelle. L’utilisation de ce type de produit est strictement encadrée. Afin de garantir une application efficace et sécurisée, quatre membres de l’équipe du domaine ont suivi une formation spécifique et obtenu le Certiphyto, le certificat individuel obligatoire pour les professionnels qui utilisent des produits phytopharmaceutiques. Cette certification leur permet de maîtriser les bonnes pratiques d’utilisation et les mesures de sécurité nécessaires lors du traitement. Depuis les premiers traitements, l’amélioration est visible et laisse présager une réduction de fréquence des traitements, qui viennent de passer de quatre passages à seulement deux.