
Né à Pise en 1943, Antonio Tabucchi est l’auteur de plus de trente livres (romans, récits et essais) traduits dans le monde entier et lauréats de nombreux prix internationaux. Philologue et traducteur italien de Pessoa, il a été professeur à l’université de Sienne et professeur invité au Bard College de New York et au Collège de France. Il a collaboré avec Le Monde, Corriere della Sera, La Repubblica et El País et a publié de nombreux articles dans La Nouvelle Revue française.
Certains de ses livres ont été adaptés au théâtre et au cinéma (Nocturne indien d’Alain Corneau, Le Fil de l’horizon de Fernando Lopes, Pereira prétend de Roberto Faenza, Requiem d’Alain Tanner). Antonio Tabucchi est décédé à Lisbonne en 2012.
Nato a Pisa nel 1943, Antonio Tabucchi è autore di oltre trenta libri (romanzi, racconti e saggi) tradotti in tutto il mondo e vincitori di numerosi premi internazionali. Filologo e traduttore italiano di Pessoa, è stato professore all’Università di Siena e professore ospite al Bard College di New York e al Collège de France. Ha collaborato con Le Monde, Corriere della Sera, La Repubblica e El País e ha pubblicato numerosi articoli su La Nouvelle Revue française. Alcuni dei suoi libri sono stati adattati per il teatro e il cinema (Nocturne indien di Alain Corneau, Le Fil de l’horizon di Fernando Lopes, Pereira prétend di Roberto Faenza, Requiem di Alain Tanner). Antonio Tabucchi è morto a Lisbona nel 2012.
« … passant devant cette boutique qui aujourd’hui n’existe plus, je me suis aperçu que j’étais poussé, sans m’en rendre compte, vers le boulevard Jourdan et la Cité Universitaire. C’était mon parcours habituel, à l’époque. Je rentrais à pied, souvent en pleine nuit, car le métro fermait assez tôt et je restais pour regarder les films de ciné-club dans une petite salle de Saint-Germain-des-Prés : L’Âge d’or, Le Chien andalou, des choses de ce genre. Je croyais aux avant-gardes. Il était beau de penser qu’elles étaient révolutionnaires. Esthétiquement, s’entend. Le long du boulevard Jourdan, non loin d’une des entrées de la Cité, il y a un café que je fréquentais alors. J’y allais accompagné d’un groupe d’étudiants japonais avec lesquels j’avais lié amitié, car j’avais dû loger à la Maison du Japon pendant un certain temps, du fait que la Maison de mon pays faisait l’objet de travaux de rénovation. Dans le groupe se trouvaient une fille et un garçon qui attirèrent ma sympathie. Elle étudiait la médecine et voulait se spécialiser dans les maladies tropicales, mais elle rêvait de devenir cantatrice d’opéra et prenait des leçons chez un vieux ténor qui habitait dans le Marais. Sa passion était Puccini et il lui arrivait de chanter des airs de Madame Butterfly. Nous prenions place à une petite table du café, dehors, c’était l’hiver, elle chantait Un bel dì vedremo levarsi un fil di fumo, et de sa bouche sortaient de petits nuages de souffle condensé. Je disais qu’il s’agissait des idéogrammes musicaux de Puccini. Elle s’appelait Atsuko, et son ami écrivait des haïkus et des petits poèmes qu’il nous traduisait quand l’envie l’en prenait. Je me souviens de l’un d’entre eux qui disait :
La feuille tombe
dans le vent d’octobre
flottant légère.
Pesant est le temps
D’un été passé au loin.
Assis dans ce café, nous rêvions de mondes possibles en buvant un jus de pamplemousse. Le matin, dans les amphithéâtres de la Sorbonne, un vieux professeur de philosophie dont le nom n’évoquait rien à notre abyssale ignorance parlait avec grâce et génie du Remords et de la Nostalgie. Nous ne savions pas ce que c’était, mais cela nous fascinait comme des mondes lointains qu’on suppose au-delà des océans de la vie, sur une rive inaccessible où jamais on n’accostera. Et pourtant nous y voici.»
Source : Antonio Tabucchi, « Forbidden games », in Id., Il se fait tard, de plus en plus tard, tr. fr. Bernard Comment, Paris, Christian Bourgois, 2002.
«… passando davanti a quella bottega che ora non c’è più, mi sono accorto che ero diretto senza rendermene conto al boulevard Jourdan, verso la Cité Universitaire. Facevo così, a quel tempo, rientravo tardi, e spesso a notte fonda, perché il métro chiudeva abbastanza presto e io restavo a guardare i film da cineclub in un piccolo cinema in Saint-Germain: L’âge d’or, Un chien andalou. Cose così. Credevo nelle avanguardie. Era bello pensare che erano rivoluzionarie. Esteticamente intendo. Lungo il boulevard Jourdan, non lontano da uno degli ingressi della Cité, c’è un caffè che a quel tempo frequentavo. Ci andavo con un gruppo di studenti giapponesi con i quali avevo fatto amicizia, poiché per un certo periodo avevo dovuto alloggiare alla Maison du Japon, visto che la Maison del mio paese subiva lavori di ristrutturazione. Nel gruppo c’erano una ragazza e un ragazzo che attirarono la mia simpatia; Lei studiava medicina e voleva specializzarsi in malattie tropicali, ma sognava di diventare cantante d’opera e prendeva lezioni da un vecchio tenore che viveva nel Marais. Puccini era la sua passione, e a volte ci cantava le arie della Butterfly. Ci sedevamo a un tavolino del caffè, all’aperto, era d’inverno, lei cantava Un bel dì vedremo levarsi un fil di fumo, e dalla sua bocca uscivano nuvolette di fiato condensato. Io dicevo che erano gli ideogrammi musicali di Puccini. Si chiamava Atsuko. Il nostro amico scriveva haiku e poesiole; e quando ne aveva voglia ce le leggeva. Ne ricordo una che diceva così:
La foglia cade
nel vento d’ottobre
ondeggiando leggera.
Pesante è il tempo di un’estate
passata lontano.
Seduti in quel caffè sognavamo mondi possibili bevendo jus de pamplemousse. Al mattino, nelle aule della Sorbona, un vecchio professore di filosofia di cui ignoravamo il nome nella nostra abissale ignoranza parlava con voli pindarici di Remords et Nostalgie. Non sapevamo cosa fossero, eppure ci affascinavano come mondi lontani che si suppongono di là dall’oceano della vita, su una sponda remota a cui mai approderai. E invece, ecco.».
Da: Antonio Tabucchi, “Forbidden games” in Id., Si sta facendo sempre più tardi, Milano, Feltrinelli, 2001
J'aimerais bien comprendre un jour comment fonctionne la courroie de transmission qui relie tous les morceaux de ma vie.
Un giorno mi piacerebbe capire come funziona la cinghia di trasmissione che lega tutti i pezzi della mia vita.
« J’ai adopté la chaise, cet objet familier, il y a quelques décennies, au moment où je voulais faire, à échelle humaine, de l’art sur la place publique alors que partout on optait pour le monumental : elle est un objet à l’image du corps et elle sert le corps. Difficile d’avoir un sentiment de possession exclusif pour un objet aussi universellement partageable. Elle est mienne au moment où je l’occupe mais si je la quitte, un autre pourra dire qu’elle est sa chaise. » Michel Goulet, artiste sculpteur
Prendre position est un projet de sculpture-installation de 47 chaises-poèmes pour souligner le 100e anniversaire de la Cité internationale universitaire de Paris. Elles ont été installées dans une prairie fleurie créée spécialement pour l’occasion par le service du domaine du campus.
Cette installation artistique a été imaginée par l’artiste-sculpteur québécois Michel Goulet, en collaboration avec François Massut, directeur fondateur du collectif Poésie is not dead.
Chaque maison du campus est représentée par une chaise, grâce à un don de la Maison des étudiants canadiens et au soutien du groupe Labrenne. Chacune des 47 chaises est une œuvre unique.
La Maison de l’Italie combine la rationalité des années 30 à la grande tradition classique. Elle comporte plusieurs éléments caractéristiques de cette tradition aussi bien en façade qu’à l’intérieur.