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11/05/2023
Questions à... Fondation suisse

Rencontre avec Monica Corrado, directrice de la Fondation suisse

Monica Corrado, directrice de la Fondation suisse

Inaugurée en juillet 1933, la Fondation suisse fête cette année ses 90 ans. A cette occasion et sous l’impulsion de la direction de la maison, de nombreux projets ont été mis en place pour cette célébration, avec l’aide des partenaires historiques de la maison, de ses résidents et de ses alumni. Rencontre avec Monica Corrado, directrice de la Fondation suisse depuis 2015.

Avez-vous retenu un fil rouge particulier lors de l’élaboration de la programmation de ces 90 ans ? 

Cette programmation est presque 100% suisse et est en grande partie issue de coopérations avec nos partenaires historiques. Ils nous ont permis d’organiser des événements dédiés à cette célébration. Avec le soutien de la Fondation Le Corbusier et le Centre du Patrimoine de la Cité internationale, nous avons monté une exposition retraçant l’histoire de la maison à partir de document inédits.  D’ailleurs, cette exposition « La Fondation suisse à travers ses archives » n’est visible que jusqu’au 14 mai. L’ambassade de Suisse en France nous a soutenu dans l’organisation de deux concerts et elle s’est impliquée, avec le Centre culturel suisse et plusieurs cantons suisses, dans l’exposition « Amplifications » prévue à la rentrée 2023. Ce projet a été rendu possible grâce à l’accueil d’anciens artistes valaisans de nouveau en résidence à la maison spécialement pour le montage de cette exposition, avec le Canton du Valais. Nous prévoyons également tout un weekend de performances, en partenariat avec le Centre culturel suisse. 

Avez-vous un projet de prévu avec les résidents et alumni de la maison ? 

Oui, il est impossible d’évoquer l’histoire ou l’architecture de la maison sans mettre à l’honneur ses résidents. Nous finalisons actuellement l’exposition « Les résident.es de la Fondation suisse »  composée de photographies personnelles (portraits, photos de groupe) d’anciens et actuels résidents ainsi que de leurs prises de vue du bâtiment et de leurs projets artistiques. J’ai lancé un appel à participation par mail (ainsi que sur LinkedIn et Cité Alumni, le site des anciens de la Cité internationale) pour rassembler des photographies et depuis des mois, des ancien.nes m’envoient leurs photos souvenirs. La scénographie s’articulera autour de thématiques, comme les résidents chez eux, les activités sportives ou encore les soirées. Deux témoignages seront présentés mais nous avons fait le choix de ne pas nous étendre sur les parcours des résident.es car avec presque une centaine de clichés, nous manquerons de place ! De plus, ma prédécesseure avait publié une brochure avec des témoignages à l’occasion du 75e anniversaire de la maison, j’ai voulu mettre en lumière un autre angle. Il devrait y avoir également quelques documents d’archives concernant les résidents comme des lettres particulièrement parlantes de 1968 ou le cahier de charge du directeur qui mentionne que l’épouse du directeur est censée prendre le thé avec les résidents de temps en temps. 

L’idée est que les visiteurs puissent s’imprégner visuellement grâce à nos expositions de ce qu’était et de ce qu’est la vie quotidienne dans la maison.

Est-ce que l’un des projets de cette programmation vous tient-il plus à cœur ? 

Ce n’est pas un projet mais plusieurs : ce sont d’abord les deux expositions que nous avons conçues nous-même de A à Z : « La Fondation suisse à travers ses archives«  et « Les résident.es de la Fondation suisse ». Et le livre sur l’histoire de la Fondation suisse La Fondation suisse à la Cité universitaire. Petite histoire d’une « machine habitée » qui devrait paraître à l’automne 2023. Il est le fruit d’un travail de tri et d’organisation de nos archives (papier et numérique) et de plusieurs visites aux archives (fédérales de Berne et nationales de Pierrefitte-sur-Seine). Le conseil d’administration a donné son accord au projet au début de la pandémie et depuis, je me suis consacrée à ce projet lorsque la gestion de la maison me le permettait.

Quel souvenir vous a le plus touché depuis votre arrivée en tant que directrice ?

Chaque année, des résident.es me touchent en raison de leur investissement ou m’épatent par leur parcours. L’accueil d’étudiant.es réfugié.es – d’abord syrien.nes, puis ukrainien.nes – m’a également marqué car la solidarité que la Cité internationale tout entière manifeste dans ces situations nous renvoie aux origines et aux valeurs fondatrices du campus.

Un résident.e en particulier vous a-t-il/elle marqué en particulier ?

Ce n’est pas un.e résident.e en particulier qui m’a marqué, mais plutôt d’observer le phénomène des amitiés se former et de voir des jeunes repartir complètement transformé.es par l’expérience de la Cité internationale.

Quelle contribution a apporté selon vous la Fondation suisse au campus de la Cité internationale ?

Avec le recul contemporain, on peut dire que la Fondation suisse, par le pari de bâtir une résidence moderniste, a en quelque sorte traduit de manière architecturale un message tout à fait humaniste et en totale adéquation avec les valeurs fondatrices de la Cité : ne pas s’arrêter aux clichés (du chalet suisse) mais aller à la rencontre de l’autre ou du nouveau/de l’inconnu pour le découvrir et mieux le comprendre. C’est ce que vont expérimenter sur place les étudiant.es du campus en termes de découverte du multiculturalisme et du vivre ensemble. Aujourd’hui, la Fondation suisse continue à faire vivre les valeurs de la Cité internationale avec un taux de brassage à 50% et une programmation culturelle axée sur la Suisse mais qui essaie de toujours démontrer l’ouverture au monde de ce petit pays.

Quel défi voyez-vous pour votre maison à l’avenir ?

En prenant en compte les enjeux cruciaux que représentent les défis environnementaux, la Fondation suisse doit évoluer avec son époque en tentant de répondre au critère de performance énergétique tout en s’assurant du confort et des besoins de ses résident.es – ce qui est un double défi en étant un bâtiment classé au titre des Monuments historiques. Un deuxième défi est de nature administrative : la professionnalisation de l’accueil, accompagnée d’une « numérisation » de ses procédures , la dématérialisation de la facturation et bien évidemment la formation de l’équipe aux nouveaux outils. 

Que peut-on lui souhaiter pour ce 90e anniversaire ?

Qu’un séjour à la Fondation suisse continue d’être une expérience inoubliable et enrichissante pour les futur.es étudiant.es ou chercheur.es et que la maison soit en mesure de faire des rénovations énergétiques nécessaires.

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