Yann Hascoët

Interview du directeur de la Maison de Norvège

Parlez-nous de votre parcours et de votre arrivée à la Cité internationale.

Vivre à la Cité internationale me renvoie à mes premières années d’études supérieures lors desquelles je l’ai découverte, entre autres pour ses infrastructures sportives, mais sans jamais y résider. J’étais à l’époque étudiant à la Sorbonne Paris IV, en LLCE langues scandinaves. Pendant ce cursus, j’ai bénéficié de différents programmes européens pour être assistant de langue dans un lycée à Trondheim et ensuite poursuivre mes études à Bergen. J’ai par la suite fait des études d’administration de la musique et du spectacle vivant. J’ai travaillé quelques années au Centre régional des Lettres de Basse-Normandie, à l’organisation du festival Les Boréales, dédié aux cultures nordiques. Puis, j’ai travaillé à la section culture et communication de l’ambassade de Norvège à Paris, avant devenir administrateur au Centre Universitaire de Norvège à Paris – hébergé par la Fondation Maison des sciences de l’homme – où je travaille depuis 2021.

Selon vous qu’est ce qui fait de la Cité internationale un campus unique au monde ?

Il y a sans doute peu d’endroits au monde réunissant cette densité et cette diversité internationale exceptionnelle, de multiples propositions culturelles, scientifiques et sportives quotidiennes, un parc urbain avec une grande biodiversité, une variété architecturale hors norme et l’effervescence de la vie étudiante sur un seul campus. Cet ensemble bénéficie à tout l’écosystème académique francilien. Chaque année, des milliers de résidents peuvent en profiter pleinement et, je crois, enrichir leur parcours de vie d’une façon incomparable.

En quoi habiter dans votre maison permet aux résidents d’avoir un autre regard sur le monde et est un tremplin pour leur avenir ?

Cet imposant bâtiment a une identité nordique affirmée et qui n’est pas sans rappeler l’Hôtel de ville d’Oslo.  Les chambres individuelles ont des standards simples et les résidents partagent les sanitaires et les cuisines. Avec le brassage de plusieurs nationalités, chacun est amené à partager des moments de vie avec des personnes dont les références culturelles et éducationnelles peuvent être sensiblement différentes. Ces conditions nécessitent de coopérer et de s’investir et je crois que la culture norvégienne s’y prête bien, en étant particulièrement porteuse d’ouverture, d’attention que l’on peut porter à l’autre et d’entraide. Cela se retrouve dans la notion norvégienne de « dugnad », qui est le fait de travailler ensemble, de façon volontaire et bénévole, pour une communauté meilleure. Le partage, la mutualisation mais aussi la confrontation à d’autres idées, cultures et habitudes m’apparaît comme une expérience importante pour la compréhension du monde dans lequel nous vivons.

Si vous deviez résumer la Cité internationale en un mot, lequel choisiriez-vous et pourquoi ?

Le mot « boussole », qui permet de s’orienter physiquement, mais également de garder un cap moral dans un monde qui semble se fragmenter toujours plus et où les crises se succèdent. La Cité internationale est née dans l’entre-deux-guerres avec une idée forte : favoriser la paix et la compréhension entre les peuples, en faisant vivre ensemble des étudiants de tous les pays. La création et l’histoire de la Cité internationale nous rappelle l’importance de ces valeurs et nous oblige. Ce projet internationaliste et pacifiste peut ainsi être vu comme une boussole pour celles et ceux qui sont et seront amenés à côtoyer ces lieux. 

Blandine Sorbe, déléguée générale de la Cité internationale

Normalienne, agrégée d’allemand, Blandine Sorbe est depuis sa sortie de l’Ecole nationale d’administration en 2011 magistrate de la Cour des comptes. Entre 2015 et 2019, elle a rejoint le musée du quai Branly comme directrice générale adjointe, assurant au quotidien la gestion de ce lieu exceptionnel et œuvrant à la qualité de sa gestion. A partir de 2019, Blandine Sorbe a fait partie des principaux dirigeants du comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, où elle a supervisé en tant que directrice senior cadre public et conformité le bon déroulement de l’événement sous l’angle de la maîtrise des risques budgétaires, juridiques, éthiques, ressources humaines et opérationnels, en relation étroite avec les autorités nationales et internationales. Blandine Sorbe est membre du comité d’histoire du ministère de la culture.