Arrivée d’Ukraine en 2022 pour poursuivre son doctorat, Kateryna Kliuzko est chercheuse à l’université Paris Cité. Psychologue et enseignante en santé mentale auprès des étudiants internationaux, elle pose son regard sur son quotidien sur le campus, où elle a trouvé un cadre qui soutient autant ses recherches que son bien-être. Un témoignage qui rappelle que la réussite des parcours académiques passe aussi par l’équilibre de chacun, et que rompre l’isolement commence souvent par une rencontre.
Je m’appelle Kateryna Kliuzko, je suis doctorante et chercheuse à l’Université Paris Cité. Je suis psychologue et enseignante en santé mentale pour les étudiants internationaux. Je suis arrivée à la Cité internationale en 2022, après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, afin de poursuivre mon doctorat.
En arrivant sur le campus, j’ai d’abord été surprise par la beauté du parc et des gens. En tant qu’Ukrainienne, ce qui comptait le plus pour moi et pour les étudiants ukrainiens arrivés ici, c’était bien sûr la sécurité et la stabilité. Parce qu’en un seul jour, nous savons que la vie peut basculer. Et être ici, savoir que quelqu’un se soucie de vous, cela donne un sentiment d’espoir et aussi les ressources pour aller de l’avant : apprendre le français, s’inscrire à l’université, sortir, rencontrer de nouvelles, personnes, etc.
Pour ceux qui arrivent, le plus important, est le campus. Si vous avez un objectif d’études, vous l’atteindrez parce qu’ici, tout est fait pour vous soutenir. Par exemple, le matin, je peux aller à la bibliothèque de la Maison internationale et travailler sur ma thèse. Puis le midi, je peux aller marcher dans le parc pour reposer mon esprit ou aller nager puis revenir travailler. Et tout est pensé avec beaucoup de soin pour chacun des étudiants ici présents afin de soutenir leurs études et leurs objectifs. Et en tant que psychologue, je vois également tout ce qui aide à leur santé mentale : ici il est possible de rencontrer des gens différents et donc de ne pas rester seul dans ses études.
L’un des événements les plus impressionnants a eu lieu durant les 100 ans de la Cité internationale, il s’agissait d’un grand festival, c’était magnifique. C’était un événement culturel, avec de la musique et les résidents avaient été invités à célébrer ce moment.
Pour moi, reconstruire ce n’est pas seulement une affaire de maisons ou de bâtiments. C’est avant tout une affaire de relations, reconstruire l’espoir, reconstruire la paix, reconstruire la justice, reconstruire les liens. Et je pense que lorsque nous sommes unis, nous pouvons le faire ensemble, créer un monde meilleur pour l’avenir, pour nos enfants et pour l’avenir de notre génération.
Je suis une jeune mère et je suis ukrainienne, et je sais à quel point chaque jour est un choix de vivre sa vie. Mais il ne faut pas rester seul. Il faut parler aux autres, sortir, faire du sport, participer aux activités et poursuivre son chemin même quand c’est difficile parce que demain sera différent d’aujourd’hui.
Stress, isolement, adaptation à un nouvel environnement, éloignement des proches : les étudiants, chercheurs et artistes en mobilité sont particulièrement exposés aux fragilités psychiques. Un enjeu que la Cité internationale place au cœur de sa mission d’accueil. Pour que personne ne reste seul face aux difficultés, le Relais social international accompagne les résidents en difficulté et facilite leur accès à des consultations psychologiques.