Bernard EL GHOUL

Interview avec le directeur de la Maison du Liban

Parlez-nous de votre parcours et de votre arrivée à la Cité internationale.

Titulaire d’un doctorat en sciences politiques, j’ai travaillé dans le Golfe pour le ministère français des Affaires étrangères avant de prendre la direction du campus Moyen-Orient Méditerranée de Sciences Po Paris à Menton (Alpes-Maritimes). En tant que directeur, j’ai notamment été chargé de la pédagogie ainsi que du recrutement des étudiants et des enseignants ; j’ai par ailleurs eu pour mission de garantir le bon fonctionnement de la vie associative étudiante, d’assurer la communication et la gestion opérationnelle du campus (finance, ressources humaines et immobilier), ainsi que de conduire les relations avec les collectivités locales, les entreprises partenaires et les mécènes. Mon expérience a notamment été marquée par deux problématiques que j’ai retrouvé en arrivant la Maison du Liban em septembre 2019 : le logement et la santé. Tout d’abord, Menton n’étant pas une ville étudiante, j’ai participé au développement d’une offre d’hébergements couvrant les besoins des élèves ; ensuite, j’ai contribué à la mise en place d’un pôle-santé étudiant, en lien avec des médecins généralistes, des psychologues et des psychiatres pour répondre aux attentes en termes de suivi médical, de nutrition, de sommeil, d’addiction, de handicap et de santé mentale.

Selon vous qu’est ce qui fait de la Cité internationale un campus unique au monde ?

Tout d’abord, les connivences intellectuelles et les liens d’amitiés que développent les résidents pendant leur séjour à la Cité internationale sont uniques au monde. Dans ce cadre de vie multicurel, le travail en équipe et l’approche collaborative contribuent à construire des ponts et à faire tomber les murs de l’incompréhension. Dans un tel contexte de brassage culturel et d’échanges d’idées quotidiens, le passage à la Cité internationale développe chez les résidents la force d’assumer la complexité du monde et d’en affronter la difficulté d’interprétation.

En quoi habiter dans votre maison permet aux résidents d’avoir un autre regard sur le monde et est un tremplin pour leur avenir ?

Quoique vulnérable et fragile, perfectible et régulièrement en proie à de fortes tensions, le Liban offre aujourd’hui, avec ses dix-huit communautés religieuses un modèle de coexistence unique au Moyen-Orient. La Maison du Liban doit incarner cette exceptionnalité, promouvoir un message de vivre ensemble et se faire l’écho de la vitalité intellectuelle, artistique et culturelle libanaise. Pour cela, au sein de la maison, la convivialité, la joie de vivre, la musique et bien évidemment la cuisine, constituent le ciment transcommunautaire quotidien qui permet à chacune et à chacun de nos résidents de s’épanouir. Dans un monde fragmenté où les communautarismes sont exacerbés, la Maison du Liban a pour vocation de réunir des jeunes gens unis par une seule et même ambition : vivre en paix dans le respect des différences de chacun.

Si vous deviez résumer la Cité internationale en un mot, lequel choisiriez-vous et pourquoi ?

“Diversité”, du fait de la pluralité et de la richesse des parcours de chacune et chacun de nos résidentes et résidents.

Rami ADWAN, ambassadeur du Liban en France et président de la fondation

Diplômé de l’École supérieure de commerce de Rouen, Rami Adwan a poursuivi ses études à l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po), puis à l’ENA (2002-2004). Conseiller du ministre libanais de l’Energie et de l’Eau pour les affaires administratives entre 2004 et 2005, il devient adjoint au chef de mission à l’ambassade du Liban en Roumanie (2005-2008) puis ajoint au chef de mission à l’ambassade du Liban au Pays-Bas (2008-2013). Il est ensuite nommé directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères et devient ambassadeur du Liban en France en 2017.