Inaugurée en 1930, la Fondation des États-Unis est créée pour incarner l’amitié franco-américaine et accueillir à Paris des étudiants et chercheurs américains. Le projet, porté par l’ambassadeur Myron Timothy Herrick, se concrétise grâce à la mobilisation d’universités et de nombreux donateurs américains. Par son architecture et son décor, la maison met en scène la rencontre entre les deux pays, donnant une traduction concrète à l’ambition de rapprochement entre les cultures portée par la Cité internationale.
La Fondation des États-Unis a vu le jour grâce à l’ambassadeur Myron Timothy Herrick qui, en 1925, a mobilisé autour de lui des universités américaines et de nombreux donateurs, notamment le couple américain, Mabel Knowles Gage et son mari, le chirurgien Homer Gage. Elle a été inaugurée en avril 1930 en présence de ses fondateurs, les époux Gage, l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique, Walter Evans Edge, et Gaston Doumergue, président de la République française. La maison était destinée à offrir un lieu d’hébergement aux étudiants et chercheurs américains à Paris. Depuis 1930, la fondation administre la bourse Harriet Hale Woolley, attribuée chaque année à quelques artistes et musiciens américains séjournant à Paris, ainsi qu’à un interne en psychiatrie de nationalité américaine, française ou suisse.
La maison a le statut de fondation reconnue d’utilité publique, dont le conseil d’administration est présidé par le recteur de la région académique Île-de-France, recteur de l’académie de Paris.
La réalisation est confiée à Pierre Leprince-Ringuet, Prix de Rome en 1904. L’architecte conçoit un imposant bâtiment en U, avec un corps central et deux ailes en retour côté parc. Ses façades en brique pêche sont rythmées par des bandeaux traités en pierre. Des bas-reliefs de Marcel Gaumont ornent la façade principale. Le plus monumental, placé sur le fronton central, représente le pygargue à tête blanche, emblème des États-Unis, encadré par deux figures portant l’une Notre-Dame de Paris, l’autre un gratte-ciel : une évocation de la rencontre entre tradition européenne et modernité américaine. Le hall et le grand salon sont également marqués par le style Art déco.
L’un des aspects remarquables de cette maison est le cinquième et dernier étage du bâtiment entièrement dédié aux artistes.
La vie collective et la création artistique occupent une place importante dans la Fondation des États-Unis. Le grand salon, doté d’une scène et d’un piano de concert Steinway, accueille concerts et manifestations culturelles. La bibliothèque, le petit salon, le foyer et la salle polyvalente offrent d’autres espaces pour travailler ou se retrouver. Deux studios de musique insonorisés et huit ateliers d’art permettent aux résidents de développer leur pratique artistique. Ces lieux associent étude, création et convivialité, prolongeant la vie en commun dans les pratiques culturelles et artistiques. Dans la perspective du centenaire, le 5e étage sera repensé par Jean-Paul Viguier pour créer « la Villa américaine à Paris », avec 16 studios d’artistes rénovés.
Dans le hall d’entrée et le grand salon, le décor est marqué par le style Art déco. Le grand salon est décoré de fresques de Robert La Montagne Saint-Hubert qui évoquent l’histoire des arts français, à travers des différentes époques. A l’extérieur, des bas-reliefs de Marcel Gaumont ornent la façade principale. Le plus monumental d’entre eux, situé sur le fronton central, représente le pygargue à tête blanche, l’emblème des États-Unis, encadré par deux allégories : l’une portant Notre-Dame de Paris et l’autre un gratte-ciel, symbolisant ainsi la rencontre de l’ancien et du nouveau monde.
En 2019, une vaste campagne de rénovation baptisée « East Side Story » transforme l’aile Est de la Fondation. Menés par l’Atelier Circonflexe Architectes, les travaux ont permis d’améliorer le confort des résidents et d’adapter les espaces à l’évolution de leurs usages. Toutes les chambres ont été dotées d’une salle d’eau privative, d’un réfrigérateur ainsi que d’un mobilier en bois de hêtre dessiné spécialement pour l’opération. Trois chambres accessibles aux personnes en situation de handicap ont également été aménagées. Les espaces collectifs ont eux aussi été entièrement repensés pour devenir plus fonctionnels et conviviaux.
Au rez-de-chaussée bas, le foyer a ainsi été réorganisé autour de plusieurs usages : pratiques artistiques et sportives, détente, cuisine et restauration. D’anciennes remises ont également été transformées pour accueillir une salle polyvalente, deux studios de musique et un local pour le comité des résidents. La rénovation a également intégré une importante dimension environnementale. Des panneaux photovoltaïques ont été installés sur les deux terrasses afin de couvrir, selon les saisons, 8 à 10 % de la consommation énergétique de l’aile Est. Un système de récupération de chaleur sur les eaux grises permet par ailleurs de préchauffer l’eau grâce à l’énergie récupérée dans les eaux usées.
Cette dynamique se poursuit dans la perspective du centenaire de la Fondation. Le 5e étage sera entièrement repensé par l’architecte Jean-Paul Viguier pour créer la « Villa américaine à Paris », qui accueillera 16 studios d’artistes rénovés.
Ouverte au grand public, la programmation culturelle de la Fondation fait la part belle à ses artistes en résidence et à ses alumni, toujours prêts à revenir « à la FEU », en proposant un large éventail de concerts, expositions, ateliers, conférences, spectacles. Elle est aussi à l’initiative d’un projet original : Art-Hop-Polis. Tous les premiers mercredis du mois, le public est invité à circuler d’un vernissage à l’autre dans les différentes maisons participantes afin de découvrir des expositions d’artistes du monde entier. Sa programmation est disponible sur l’agenda Citescope. La maison loue également des espaces comme le Grand salon Art déco, pour des événements professionnels.
Jay Gottlieb est un pianiste américain contemporain, né à New York. Il travaille avec des pianistes majeurs du 20e siècle et des compositeurs parmi lesquels Nadia Boulanger et John Cage. Il a créé de nombreuses œuvres pour le piano, dont quantité d’entre elles lui sont dédiées.