Du 6 au 18 octobre 2026, Jazz à la Cité revient pour une 16e édition placée sous le signe du voyage et de la diversité. À travers différentes maisons de la Cité internationale, le festival propose une quinzaine de concerts gratuits qui font circuler le jazz d’un continent à l’autre, de la tradition à l’expérimentation, du grand ensemble au duo intimiste.
Ici, pas de définition unique du jazz : la programmation revendique au contraire un genre en mouvement, nourri par les cultures, les rencontres et les croisements. Tour d’horizon des rendez-vous proposés qui illustrent chacun une facette de ce « jazz de tous les mondes ».
Jazzlab Orchestra | Jeudi 8 octobre | Maison des étudiants canadiens
Direction Montréal avec le Jazzlab Orchestra, véritable institution du jazz canadien depuis 2004. Le grand ensemble québécois se distingue par une écriture musicale créative et par sa capacité à explorer de multiples styles à travers les compositions de ses membres. Une musique orchestrale ambitieuse, où l’arrangement et l’improvisation participent à une même recherche sonore. Un jazz en grand format.
Cuban Jazz Quartet | Vendredi 9 octobre | Maison de l’Île-de-France
Direction Cuba avec le Cuban Jazz Quartet, qui puise dans la richesse des musiques populaires cubaines pour les faire dialoguer avec le langage du jazz. Entre rythmes afro-cubains, mélodies caribéennes, improvisation et énergie du quartet, le groupe propose une musique à la fois festive, généreuse et profondément ancrée dans la tradition musicale de l’île. Un jazz afro-cubain et solaire.
Gojo & Mattner | Samedi 10 octobre | Maison Heinrich Heine
Avec Nucleus. minimal chaos music, Filippa Gojo et Stephan Mattner proposent une expérience radicalement différente. La voix, le saxophone soprano, les claviers, le kaoss pad et l’ordinateur se répondent, se superposent ou disparaissent les uns dans les autres. Le duo allemand joue sur la frontière entre acoustique et électronique, entre mélodie identifiable et abstraction. Un jazz expérimental.
Wingborg / Johansson / Billé | Samedi 10 octobre | Maison des étudiants suédois
La même soirée, changement d’atmosphère avec le trio formé par Ida Wingborg, Filip Johansson et Jules Billé. Leur répertoire associe des morceaux du Great American Songbook à leurs propres compositions, tout en faisant dialoguer les traditions de la chanson suédoise avec le groove et l’intensité de la scène jazz française. Un jazz, où chansons nordiques, swing américain et groove contemporain se rencontrent.
Four Take | Dimanche 11 octobre | Maison des élèves-ingénieurs Arts et Métiers
Né dans une cave du Marais, Four Take incarne une autre dimension du jazz : celle du quartet, du jeu collectif et de l’énergie du live. La formation s’inscrit dans la tradition des petites formations, où les musiciens dialoguent étroitement et où l’improvisation peut faire évoluer la musique à chaque instant. Un jazz énergique.
Sofía Levín & Philippe Zygel | Lundi 12 octobre | Maison du Mexique
Avec Sofía Levín au chant et Philippe Zygel au piano, le tango devient un espace de liberté. Le programme part d’Astor Piazzolla, figure majeure du tango contemporain, pour rejoindre des compositions actuelles et originales. Dans cette formule dépouillée, la voix et le piano laissent une large place à l’improvisation et au dialogue musical. Un tango qui se met au jazz.
Duo Rabonde | Mardi 13 octobre | Maison Heinrich Heine
Avec Voyage, Felicia Bulenda à la clarinette et Maike Clemens au violoncelle partent de la Pastorale de Beethoven pour construire un programme en cinq mouvements. Mais le voyage ne s’arrête pas à la musique classique : très vite, le duo glisse vers le jazz et la pop et développe son propre langage, fondé sur le chant, la mélodie et le rythme. Quand Beethoven rencontre le jazz et la pop.
Andreas Toftemark & Friends | Jeudi 15 octobre | Fondation danoise
Le saxophoniste danois Andreas Toftemark, formé à New York et aujourd’hui installé à Copenhague, revient aux fondamentaux du jazz moderne avec une sensibilité profondément européenne. Entouré d’invités, il fait dialoguer la tradition américaine et la scène nordique contemporaine. Le jazz moderne venu du Nord.
Jay Leonhart & Tomoko Ohno | Vendredi 16 octobre | Fondation des États-Unis
La Fondation des États-Unis accueille deux grandes figures de la scène jazz internationale. Le légendaire contrebassiste et auteur-compositeur Jay Leonhart partage la scène avec la pianiste japonaise Tomoko Ohno, figure de la scène new-yorkaise. Leur spectacle, It’s Impossible to Sing and Play the Bass, associe contrebasse, chant, piano et humour dans une formule intimiste qui célèbre le lien direct entre les musiciens et le public. Un jazz new-yorkais intimiste.
D’un grand orchestre québécois aux expérimentations électroniques allemandes, des chansons suédoises au tango argentin, du jazz de chambre aux traditions new-yorkaises, Jazz à la Cité dessine une véritable carte mondiale du jazz. Une diversité qui fait particulièrement écho à l’identité de la Cité internationale universitaire de Paris, où se côtoient chaque année des résidents venus du monde entier.
Dans ce campus unique, les maisons sont autant de portes ouvertes sur les cultures du monde : elles accueillent des étudiants, chercheurs et artistes de nationalités, de langues et de traditions différentes, faisant de la rencontre et du dialogue une réalité quotidienne. Le festival prolonge naturellement cet esprit en faisant circuler le public d’une maison à l’autre, d’un univers musical à l’autre, et en invitant chacun à découvrir des esthétiques venues d’ailleurs.
Jazz à la Cité célèbre ainsi un jazz à l’image de son campus : multiple, curieux, métissé et ouvert. Un jazz qui traverse les frontières et crée des passerelles entre les cultures.