À la Fondation de Monaco, Patrice Ponza s’est prêté à un entretien à l’occasion de la présentation de Via Alpina. Mes Alpes intérieures, publié aux Éditions La Trace, lors de la réouverture du grand salon après quatre années de travaux. Journaliste, sociologue, marcheur et photographe, il y retrace sa traversée de la Via Alpina à l’été 2025 : un itinéraire de plus de 2 000 kilomètres à travers huit pays, jusqu’à Monaco, dernière étape de ce sentier emblématique des Alpes. Entre récit de voyage, réflexion intérieure et regard sur la fragilité des montagnes, ce livre invite à ralentir, observer et ressentir, au fil d’une aventure soutenue par la CIPRA et prolongée par une exposition de 27 photographies.
La décision de traverser l’Arc alpin à pied remonte à un vieux rêve, né à une période de ma vie où j’avais pris un pas de côté. J’étais alors berger dans le canton du Valais, en Suisse. Un jour d’août 2020, j’ai rencontré deux jeunes randonneurs – un Belge et un Québécois – qui parcouraient la Via Alpina. Ils étaient fatigués, trempés, chargés, mais animés d’une énergie communicative. Ils m’ont parlé de cette traversée reliant la mer Adriatique à la Méditerranée. Sans le savoir, ils ont semé en moi une graine qui a germé : celle d’aller à mon tour marcher à travers les Alpes.
Peu de temps après, j’ai rendu les brebis à leur éleveur et je suis parti sur les chemins. J’ai d’abord traversé les Pyrénées, puis la Corse et la Sardaigne, avant de marcher autour du mont Toubkal, dans l’Atlas marocain. En septembre 2024, j’étais prêt pour ce grand périple alpin, qui s’est inscrit dans une démarche autour de la santé mentale et de la marche comme levier de gestion des émotions. C’est dans ce cadre que j’ai écrit Via Alpina. Mes Alpes intérieures.
La ressource en eau, aujourd’hui, représente un enjeu majeur pour nos sociétés.
Cette longue marche a été une occasion unique de me reconnecter à la nature – à la fois à ses forces et à ses fragilités. En trois mois, j’ai traversé des zones glaciaires qui m’ont profondément marqué. Les glaciers sont la mémoire vivante des Alpes, mais aussi la principale réserve d’eau douce de l’Europe. Ils alimentent de grands fleuves comme le Rhin ou le Rhône, lesquels irriguent des villes et des régions à travers plusieurs pays.
En marchant lentement, en observant, en prenant le temps de ressentir, j’ai compris que notre présence en montagne participe aussi à la fragiliser. Ces glaciers, puissants mais vulnérables, témoignent d’un équilibre en péril. La ressource en eau, aujourd’hui, représente un enjeu majeur pour nos sociétés.
La Cité internationale est pour moi un lieu à la fois inspirant et symbolique. Elle a été fondée en 1925 par André Honorat, originaire de Barcelonnette, dans la vallée de l’Ubaye – le même village que le mien. Cela crée un lien presque intime avec cette institution. Le fait d’y présenter Via Alpina. Mes Alpes intérieures a donc beaucoup de sens.
La Fondation de Monaco, qui accueille le lancement du livre, renforce encore cette symbolique. La Via Alpina relie en effet la mer Adriatique à Monaco, sur la Méditerranée. Ce point final de la traversée est aussi un début symbolique : celui d’un dialogue entre les montagnes et la mer, entre le voyage physique et intérieur.
Citéscope est l’agenda culturel en ligne de la Cité internationale universitaire de Paris, dédié aux cultures du monde. Il recense une programmation riche et variée d’événements ouverts à tous : concerts, expositions, spectacles, conférences ou encore visites guidées. Le site permet de découvrir facilement les activités proposées au sein des différentes maisons du campus. La majorité des événements sont gratuits.