Née au lendemain de la Première Guerre mondiale, la Cité internationale universitaire de Paris est le fruit d’une ambition visionnaire : favoriser la paix par la rencontre et le dialogue entre les peuples. Au fil des décennies, elle est devenue un lieu unique d’échanges, d’innovation et de coexistence entre étudiants, chercheurs et artistes du monde entier. Cette rétrospective retrace les grandes étapes de son histoire et de son développement.
L’histoire de la Cité internationale universitaire de Paris débute au lendemain de la Première Guerre mondiale. Dans un contexte marqué par les préoccupations hygiénistes et pacifistes de l’époque, André Honnorat, ministre de l’Instruction publique, et Paul Appell, recteur de l’université de Paris, imaginent la création d’une cité universitaire. Leur ambition est double : répondre à la crise du logement étudiant et contribuer à la construction d’un monde plus pacifique. Leur conviction est simple : favoriser les échanges entre étudiants de toutes les nationalités afin de promouvoir la compréhension mutuelle et le dialogue entre les peuples.
Le projet prend véritablement forme grâce au mécène Émile Deutsch de la Meurthe, qui souhaite financer une maison destinée aux étudiants. Il fixe alors un ultimatum d’un an pour concrétiser cette initiative. Commence alors une véritable course contre la montre administrative. Un terrain est finalement trouvé au sud de Paris, sur l’emplacement des anciennes fortifications de Thiers. Vingt-quatre heures seulement avant l’expiration du délai, une loi autorise officiellement la création de la Cité universitaire. La première maison peut alors voir le jour.
En 1925, l’université de Paris confie l’administration du campus à une fondation, constituée grâce à Jean Branet et David David-Weill. Cette structure devient le socle indispensable au développement de ce projet visionnaire. André Honnorat multiplie ensuite les voyages afin de promouvoir son idéal et de rechercher de nouveaux soutiens financiers. Des personnalités scientifiques et de généreux mécènes se mobilisent pour financer la construction de nouvelles résidences. L’architecte Lucien Bechmann et le paysagiste Jean-Claude Nicolas Forestier conçoivent l’aménagement du parc, pensé comme un ensemble harmonieux mêlant espaces paysagers, bâtiments et équipements sportifs.
Entre 1925 et 1938, vingt-et-une maisons sont construites. Leurs architectures reflètent l’extraordinaire diversité stylistique de l’entre-deux-guerres et témoignent de l’ouverture internationale du projet.
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, le campus accueille déjà 2 400 résidents. Durant le conflit, il doit faire face aux difficultés liées à l’occupation. Après la guerre, les constructions reprennent. Le monde change, et la Cité internationale évolue avec lui. Symbole de réconciliation, elle accueille dès les années 1950 des maisons représentant l’Allemagne et l’Italie. Dans le même temps, de jeunes États issus de la décolonisation ou des guerres d’indépendance affirment leur présence à travers la construction de résidences sur le campus.
Les styles architecturaux se modernisent tandis que les normes de confort évoluent. La mixité se développe à partir de la fin des années 1950. Toutefois, la construction du boulevard périphérique met un terme aux ambitions d’extension du domaine. Comme lors de la première phase de développement, le campus voit naître de véritables chefs-d’œuvre conçus par de grands architectes et designers, parmi lesquels Le Corbusier, Claude Parent ou encore Charlotte Perriand.
En 1969, la Cité internationale compte dix-sept nouvelles maisons et accueille jusqu’à 5 500 étudiants.
Une nouvelle étape s’ouvre en 2012 lorsqu’un échange foncier entre l’État, la Ville de Paris et la Chancellerie des universités de Paris permet de relancer les constructions. Le parc est requalifié et 1 800 nouveaux logements sont créés, à travers le programme Cité 2025.
Aujourd’hui, la Cité internationale universitaire de Paris accueille chaque année près de 12 000 étudiants, chercheurs et artistes issus de 150 nationalités au sein de ses 47 maisons. Poursuivant son engagement au service de la paix, elle demeure un lieu unique où l’on apprend à vivre ensemble. Son projet fondateur reste plus actuel que jamais : bâtir un avenir fondé sur la compréhension mutuelle et la recherche de solutions communes face aux grands défis du monde contemporain.