19/03/2026
Témoignages Maison internationale

Les portraits de la bibliothèque centrale : Momtaz Nasseri

La bibliothèque centrale de la Maison internationale reçoit chaque année plusieurs milliers d’usagers dans ses espaces. Afin de mieux les connaitre, elle a décidé de les mettre à l’honneur en consacrant chaque trimestre un portrait à l’un ou l’une d’entre eux. Pour cette nouvelle rencontre, découvrez le témoignage sensible et inspirant de Momtaz Nasseri, étudiant à Sciences Po Paris et animateur de groupe de conversation à l’espace langues de la bibliothèque centrale. Entre engagements associatifs multiples et foi profonde dans la jeunesse étudiante, il raconte un parcours, où action collective et curiosité intellectuelle se nourrissent l’une l’autre. 

Ma maison sur le campus

« Je suis résident à la Fondation Deutsch de la Meurthe où je suis trésorier et également représentant sportif. On crée un petit budget pour des événements, on participe à l’organisation de soirées et on facilite aussi l’échange entre l’administration et les résidents.  Après, parfois, on va rencontrer des personnes pour la première fois, on va échanger, on va discuter. »

Mes études

« J’ai fait ma première année de master à Sciences Po Paris, et maintenant je suis en année de césure. Je suis une formation de langue et je prépare l’examen d’IELTS. J’ai aussi un cours sur l’identité et la culture et un cours d’histoire et de sciences politiques sur le Moyen-Orient depuis l’Empire sassanide jusqu’à nos jours. Plus tard, j’aimerais travailler dans les relations internationales et passer le concours du Quai d’Orsay. »

Ma routine à la bibliothèque centrale

« Je viens à la bibliothèque soit pour étudier, préparer un examen comme maintenant, soit pour rédiger un article sur n’importe quel sujet. J’aime bien me mettre à l’étage sur la mezzanine, la partie moderne de la bibliothèque. Je suis à l’aise, les chaises sont confortables, j’ai de l’espace, de la lumière, j’aime bien aussi la vue, parfois je regarde à l’extérieur. Et tous les mercredis j’anime un groupe de conversation d’anglais à l’espace langues.

Quand je prends une pause, je descends à la cafétéria et je sais que je vais croiser des amis ou des gens que je ne connaissais pas. Puis à chaque fois que je les croise, on discute, on parle de la situation du monde, de ce qui se passe au Moyen-Orient, dans le monde de l’économie, des études, la vie. Donc c’est bien. Ici c’est le lieu idéal pour moi, on y étudie, bien sûr, mais on peut aussi y faire de belles rencontres. »

Ce qui m’anime 

« La bibliothèque centrale est un grand espace, ouvert. De voir beaucoup de personnes étudier ça me motive, ça me pousse à faire plus. »

Sur le campus, j’ai trouvé un équilibre : le sport, la culture, la nature, les rencontres… tout y est.

Mes rencontres

« J’ai rencontré des Français, des Allemands et des Italiens surtout avec qui je discute souvent. En ce moment je croise tous les jours un étudiant iranien, je l’ai rencontré à la cafétéria, nous sortions tous les deux de la bibliothèque pour faire une pause et il parlait avec un étudiant que je connaissais et qui m’a salué, quand il a su que je parlais le persan on a commencé à discuter. Maintenant je le vois chaque jour à la bibliothèque. »

Ce qui me touche 

« Je suis quelqu’un de curieux ; j’aime échanger, débattre et apprendre. J’aime m’investir dans la vie collective, mais aussi apprendre des autres : pour moi, ces deux choses vont ensemble. En plus de mes rôles au sein de ma maison, je suis président du Saint-Omer Cricket Club Stars (SOCCS). Et j’essaie aussi d’agir à mon échelle en m’impliquant dans différentes associations, notamment la Croix-Rouge monégasque (CRM) et France Terre d’Asile.
 
Hier, j’ai eu un entretien pour travailler tous les lundis comme traducteur pour le programme d’Accompagnement Global et Individualisé des Réfugiés (AGIR) situé à Évry. Comme ma langue maternelle est le Pachto, je vais aider des réfugiés afghans, traduire des documents et échanger avec la communauté parce qu’ils sont parfois isolés. C’est bien de pouvoir les accueillir dans leur propre langue et leur expliquer comment s’intégrer en France, obtenir un titre de séjour, s’installer et trouver une formation. Comme j’ai suivi une formation de droits des réfugiés, je connais le sujet. Sur la route qu’ils ont traversée jusqu’en France, ils ont vécu des choses horribles. Et ils ont des barrières car au Moyen-Orient, dans la culture, la tradition, c’est mal vu d’aller voir un psychologue, alors qu’ils en ont besoin. Notre rôle est d’expliquer que c’est important de parler à un psychologue. Ce n’est pas une honte.
 
Je crois profondément en la jeunesse étudiante : elle représente l’avenir. Il est essentiel, selon moi, de contribuer à son épanouissement et de lui donner la parole. »
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