Résultats du jeu #ConcoursPeoplePowerInCité


08/06/2021


Dans le cadre de l’exposition “People power : témoignages des mouvements de contestation depuis 1957” qui s’est tenue du 3 au 30 mai 2021 sur les grilles extérieures de la Cité internationale, la Maison des étudiants canadiens et le Collège néerlandais ont organisé un jeu concours ouvert à tous les résidents.

Pour participer au jeu concours, les résidents devaient prendre un selfie les montrant avec leur photographie préférée de l’exposition et décrire en quelques phrases pourquoi cette image les touche, les inspire ou les exalte. Puis de le publier sur les réseaux sociaux.

Un jury composé d’étudiants et de responsables des maisons ont élu les 6 photos et histoires les plus touchantes et représentatives.

A gagner :
  • 1er prix : 1 voyage pour 2 à Amsterdam en Thalys 
  • 2ème au 6ème prix : lots de goodies Cité internationale 

Bravo aux gagnants !

DECOUVREZ LES PHOTOS ET HISTOIRES GAGNANTES

1er prix 

Camillo A. | Résident au Collège néerlandais 

“Le 28 avril 2021, la Colombie a initié l’une de manifestations les plus importantes de son histoire moderne. Le peuple colombien soumis à une forte crise sociale et économique à cause de la pandémie, s’est vu imposer l’une des réformes fiscales les plus injustes de ces dernières années, de la part du gouvernement. Le peuple a donc manifesté partout le pays et le gouvernement n’a réagi que par des agressions de la part des forces de l’ordre contre les gens. Comme le Venezuela, notre pays subit des problèmes aussi graves et le gouvernement ne se montre pas indulgent vis-à-vis les besoins du peuple et impose, quoi qu’il en coûte, ses mesures autoritaires. Cette photo nous touche profondément car, le Venezuela et la Colombie, sont deux pays frères, qui partagent la même culture et la même histoire.

En tant que Colombiens, nous ressentons la douleur du peuple vénézuélien et en particulier du jeune Jose Victor Salazar qui, dans sa lutte contre le régime de Nicolás Maduro au Venezuela, a dû supporter les blessures causées par le feu, sous la prémisse de lutter pour un pays libre et démocratique, SANS USURPATION. Depuis la France, Jose Victor nous inspire à ne jamais oublier les grands problèmes sociaux, économiques et politiques que traversent nos peuples et à être des acteurs de changement pour apporter un jour à la solution de ces problèmes.”


2ème prix

Sarmendie C. | Résidente à la Maison des Provinces de France


“J’ai choisi cette photographie car ce qui est dénoncé est malheureusement un problème majeur qui touche tous les continents. En effet, toutes les sociétés doivent faire face aux violences sexuelles envers les femmes ainsi qu’aux violences policières. Cette manifestation des femmes chiliennes nous concerne donc tous.

Je trouve cette photographie particulièrement frappante. Je peux ressentir la puissance de l’image rien qu’en regardant ces bras levés, ces yeux bandés et ces bouches criantes interpellant les spectateurs, en illustrant le mouvement de résistance, de révolte qui ose « crier » pour se faire entendre sur ce qu’il se passe au Chili.

J’ai aussi trouvé le symbolisme de cette photographie très inspirante. Pour ce selfie, comme les manifestantes chiliennes je porte du rouge, dénonçant la nature sexuelle des violences faites aux femmes, en signe de solidarité. J’ai aussi décidé de me cacher les yeux pour rappeler le choix fait par les manifestantes elles-même afin de témoigner de leur solidarité aux victimes, et j’ai souhaité mettre en avant le fait que beaucoup de personnes préfèrent ne pas « voir » ce qu’il se passe. Même si les violences policières et sexuelles sont répandues et persistantes dans le monde entier, elles ont longtemps appartenu (et appartiennent toujours selon les sociétés) au domaine du tabou, du silence et de l’invisibilité. Si je me masque les yeux c’est pour interpeller sur le fait que les sociétés, femmes et hommes, ne doivent plus détourner le regard de ces événements, et prendre en compte la gravité de ces actes en les rendant visibles et en les dénonçant. Ces manifestantes m’ont par ailleurs fait penser à Thémis, la déesse grecque de la justice, c’est pourquoi j’ai associé l’acte de me couvrir les yeux à un appel à la justice. En me bandant les yeux devant cette image, c’est aussi un moyen de demander que justice soit rendue sur ces maux qui ravagent nos sociétés.”


3ème prix 


Louise M. | Résidente au Pavillon Pasteur – Fondation Deutsch de la Meurthe


“Un point levé, symbole de contestation universel. Là où l’union citoyenne fait la force, les combats se suivent et se ressemblent.


Cette photographie exprime pour moi toute la puissance du collectif, la force des individualités réunies. La rage et la colère d’un peuple qui privilégie l’intérêt général avant tout.

Contester, laisser libre court à l’expression populaire, pour tenir tête aux puissants. Manifester, c’est s’opposer au fatalisme qui oppose le peuple à une élite économie, sociale ou encore politique. C’est s’unir face à l’adversité d’un monde bigarré.

La manifestation est un levier du répertoire d’actions citoyenne. Mais c’est avant tout un droit garanti par l’Etat de droit dans toute démocratie. Le poing levé qui se dresse au 1er plan, semble tenir tête au Parlement tout entier. Et au delà à tout un système institutionnel politique. Ce qui m’a touché dans cette photo, c’est de voir cette foule unie face à un symbole du pouvoir politique serbe.

De prime abord, j’eu un mouvement de recul face à cette foule compacte massée dans les rues de la capitale. L’année 2020 ayant dissout toute possibilité de rassemblement populaire, et avec lui toute volonté de manifestation. L’expression citoyenne s’est vue soudainement affaiblie, et cette photographie nous incite plus que jamais de lutter pour nos droits.

Cet acte historique rappelle que ces temps troublés ne doivent pas masquer le reste de l’actualité. Au risque de garder notre esprit confiné.”

4ème prix 

Milena C. | Résidente à la Maison des Provinces de France


“Celle-ci est ma photo préférée. Moi je suis du Pérou et j’habite en France il y en a 3 ans. C’est pas évident de vivre dehors ton pays et moins quand il y arrive une crise politique, en plus de la pandémie, et que tu peux rien faire, comme celle de l’année dernière et pour laquelle ce jeune est au milieu de l’un de plus grands rassemblements depuis des années chez moi.

Heureusement nous les péruviens nous nous sommes organisés et on a pu manifester notre soutien aussi depuis Paris.

Alors, cette photo montre pour moi l’esprit de la force, le courage et l’amour pour notre pays, assez détruit pour les politiciens corrompus, et le peuple qui se réveille, lutte et manifeste sa voix dans les rues et en face la violence policier qui nous a frappé forte. Deux jeunes on été assassinés et beaucoup des autres gravement blessés.

Mais aussi elle montre l’esprit de nous les exilés : notre pays nous habite tout le temps, comme les drapeaux qui porte le garçon, avec la main et dans la poitrine. Nous sommes toujours en train de faire un grand effort pour survivre avec des conditions compliqués comme étrangers de l’Amérique du Sud en Europe. On est loin, mais avec le coeur qui brule de fierté d’être du Pérou.”

5ème prix

Iris. N | Résidente à la Maison des étudiants canadiens

“From Palestine to Greece and from Greece to the whole world, children don’t always grow up like children. Sometimes they are forced to grow; to grow violently either because of a military expansionist war or because of their countries’ economic and social collapse.

“Defend the child because if the child survives there’s hope”
(Pavlos Sidiropoulos, Greek singer, 1979, translation from Greek)

https://www.youtube.com/watch?v=CUFfsRe8myA…

***The photograph I’m holding is from a detention camp for immigrants in Greece”


6ème prix 

Fairouz. O | Résidente à la Maison des Provinces de France


“I have chosen to talk about this picture because I ve realized that I keep on starring at it for quite a while every time I’m passing by the boulevard.

It really aches my heart to think that these children are actually raising their plastic toy guns against a real army with real fully loaded guns that can kill them and their entire families.  

But this is what happens when the Israeli army illegally occupies your land, kicks you out of your home, and makes you watch your loved ones die day by day. You simply end up getting stripped of your childhood and innocence.

This picture is simply so powerful because it says more than it shows. It is very symbolic, it makes me believe that, the photographer, chose it to be in black and white in order to show the world how Palestine lost its colors due to the Israeli occupation, apartheid, violence and brutality. It makes me think that the writings on the wall and the child keeping his chin up are a representation of the resistance and of the fact that the fight must go on. It makes me also feel as if capturing a photo of three arms being raised up in the sky, is the photographer’s way of raising the issue that there is actually no “ Israeli-Palestinian Conflict” because that would imply that there is power balance while the truth is that, for decades, Palestinians are being evicted, arrested and killed in the West Bank  and Gaza where Israeli forces are maintaining full control over the  borders which is illegal under international law.  

Indeed, to this day, and specifically last month in the Sheikh Jarrah neighborhood, the Israeli occupation attacked Palestinians who were peacefully protesting the illegal evictions with chemical water, and even threw grenades on them while they were praying inside the mosques.

Therefore, I’m sharing this because it’s the least I can do and because I believe in the role of social media, its ability to raise awareness and in the power of public opinion which can eventually lead to influencing the political decision making.”