La Fondation Avicenne : un nouveau départ


10/02/2021


La Fondation Avicenne, ancienne Maison de l’Iran, fermée depuis 10 ans en raison de sa vétusté, va connaitre une réhabilitation complète. A sa réouverture, prévue en 2022, la maison accueillera de nouveau des étudiants de toutes nationalités.

Ancienne Maison de l’Iran

Dans le contexte d’ouverture internationale de l’Iran et d’échanges culturels privilégiés avec la France, le Shah, encouragé par son épouse Farah Diba, ancienne résidente du Collège néerlandais, décide d’édifier une maison de 100 chambres pour les étudiants iraniens. L’acte de donation est signé en juin 1959 et la première pierre est posée en octobre 1961. Au début des années soixante-dix, la maison devient un foyer d’opposition au régime du Shah et le gouvernement iranien l’abandonne au profit de la Cité internationale. En 1972, elle prend alors le nom de Fondation Avicenne, en hommage au célèbre savant perse du XIe siècle. 

En avril : démarrage des travaux 

Depuis 2007, la maison n’héberge plus d’étudiants en raison de sa vétusté. Les travaux de réhabilitation menés par la  RIVP (Régie Immobilière de la Ville de Paris) démarrent en avril. Maître d’ouvrage de l’opération, la RIVP a confié la maîtrise d’œuvre à l’Agence Beguin & Macchini, expérimentée en réhabilitation de bâtiments métalliques du XXe siècle. Pour les architectes, le défi consiste à se conformer au Plan Climat tout en respectant l’esthétique d’origine. Dans les huit étages, se répartiront 104 chambres individuelles d’une vingtaine de mètres carrés. Le confort sera amélioré grâce à l’intégration d’une kitchenette et d’une salle d’eau dans chaque chambre, après suppression des cuisines, douches et sanitaires collectifs. 

Nous avons cherché à rester le plus fidèle possible à l’organisation d’origine, qui prévoyait un espace toilette et un dressing assez généreux où nous avons pu implanter une cabine salle d’eau. Le couloir d’accès est décalé, permettant d’installer une kitchenette ainsi qu’un placard de rangement – mais tout en préservant à la demande de la DRAC, la dynamique du biais de la cloison de la circulation et de la tête de lit. Nous avons aussi conservé le range-valise situé au-dessus de l’entrée. Une chambre au 1er étage au fond de la circulation sera aménagée au plus proche de l’existant, avec du mobilier restauré.

Gilles Béguin, architecte

En savoir plus : Dans une interview accordée à L/OBLIQUE, Gilles Béguin explique les grands principes qui guident cette réhabilitation

Un édifice suspendu

Très tôt reconnu par les professionnels de l’architecture comme une œuvre majeure de la seconde moitié du XXe siècle, ce bâtiment « signal » a contribué à la notoriété de Claude Parent, devenu membre de l’Académie des Beaux-arts en 2005. C’est l’un des rares exemples en France d’édifice suspendu à une macro structure. Trois portiques de trente-huit mètres de haut portent deux blocs de quatre étages destinés aux chambres. L’esthétique architecturale découle de l’opposition des éléments structurels noirs avec les façades en retrait, blanches. Monumental, formant une double spirale inversée, l’escalier en acier est conçu comme une sculpture. Le bâtiment est ainsi parfaitement identifiable depuis le boulevard périphérique. Iconique, il s’est imposé comme l’une des architectures les plus emblématiques du début des années soixante-dix. En raison de son avant-gardisme architectural, en 2008, la Fondation Avicenne a été inscrite en totalité sur la liste des Monuments historiques, ainsi que son emprise au sol et sa composition paysagère limitée par les cheminements.