Témoignage : Jaroslava Bitu-Perunková

Chargée du dispositif conventionnel et des relations sociales 

29/01/2014


par Hélène Hernandez


Jaroslava Bitu-Perunková
Jaroslava Bitu-Perunková

Le 20 décembre 2013 ont été signé à la Cité internationale le contrat de génération et l’accord sur l’égalité professionnelle et la mixité. D’un côté, la Cité s’engage à la sensibilisation du management, au recrutement sans discrimination, à l’aménagement des conditions de travail et au maintien de l’équilibre entre les hommes et les femmes. De l’autre, elle s’engage pour la coopération intergénérationnelle, la transmission des compétences et des savoir-faire, le développement et l’aménagement des carrières des séniors et des jeunes.
Rencontre avec Jaroslava Bitu-Perunková, qui a joué un rôle important dans l’élaboration de ces accords, et qui contribue chaque jour à la construction du dialogue social à la Cité internationale.

 

Si vous deviez expliquer votre travail à un ami, que diriez-vous ?


Dans mon intitulé de poste, je suis chargée du dispositif conventionnel et des relations sociales. Je disais ça au début et on me posait toujours la question « Mais en fait, tu fais quoi ? ». Je dis donc en général que je suis chargée des relations sociales, c’est-à-dire tout ce qui concerne les relations avec les représentants du personnel. Un deuxième grand volet de mon poste sont les affaires juridiques : la veille, les décrets, le contentieux, …

 

Vous avez expliqué avoir rencontré 122 personnes dans le cadre de l’accord sénior signé en 2009 et qui a précédé le contrat de génération. Qu’est-ce qui vous a marqué dans ces rencontres ?


Des personnes. Celles qui m’ont faite rire, qui m’ont émue, qui m’ont surprise. Je me suis dit très souvent « comment est-ce possible de ne jamais croiser telle ou telle personne ? ». J’avais en face de moi quelqu’un qui est là depuis 30 ans, moi je suis là depuis plus de 12 ans, mais nous nous ne sommes jamais rencontrées. C’était une surprise à chaque fois, c’était très touchant et enrichissant pour moi. Derrière un collaborateur, il y a quelqu’un qui a une vie extérieure, riche, mouvementée, touchante, parfois difficile. Il faut essayer de comprendre, d’écouter et savoir comment aider dans le cadre professionnel. J’ai senti que les personnes ont apprécié l’écoute.

 

Selon vous, quelles sont les priorités du contrat de générations ?


Il faudrait que tous les salariés sachent que les accords sont non seulement signés, mais aussi qu’ils vont vraiment être mis en place. Nous allons en premier lieu communiquer, notamment via l’intranet et de toute autre manière pour les salariés qui n’ont pas accès à la plateforme. L’étape suivante sera la réalisation des objectifs fixés. La construction des binômes entre salariés séniors (plus de 57 ans) et salariés plus jeunes (moins de 26 ans) sera essentielle pour la transmission des savoirs et des compétences. Nous avons des savoir-faire spécifiques et originaux à la Cité. Ces prochains mois, nous devons veiller à ce que ces connaissances ne s’éteignent pas.

 

Quels conseils donneriez-vous à ces binômes ?


Aux jeunes, je leur dirai « soyez curieux et ayez envie d’apprendre ». A ceux qui sont là depuis des années, je leur demanderai d’avoir une volonté de partager. Mais de toutes les manières, je suis persuadée qu’ils le feront. Si vous transmettez quelque chose à quelqu’un qui n’a pas envie, ça ne marchera pas. Il faut que ce soit volontaire et partagé.

 

Vous avez travaillé 10 ans à la délégation générale, vous êtes désormais à la direction des ressources humaines. Racontez-nous votre parcours :


Je me souviens de la première fois que je suis venue ici. Je ne connaissais pas du tout la Cité et j’ai répondu à une annonce, à l’époque dans Le Figaro. J’ai passé un entretien et c’était tout simplement génial. Je me suis dit « C’est fou, ils ont créé un poste pour moi », et ça a marché. C’était vraiment que du bonheur pendant 10 ans à la délégation générale. Ensuite, j’ai eu envie de découvrir autre chose, je me suis donc lancée dans les ressources humaines après avoir suivi une formation. Au début c’était un peu flou : quand il y a quelqu’un de nouveau qui arrive dans un service qui fonctionne, parmi des collègues qui se connaissent depuis un certain temps, forcément, il faut trouver sa place, définir ses taches pour que personne ne se sente menacé. Le plan sénior m’a beaucoup apporté avec un travail sur le terrain, que je préfère, plein de possibilités et de projets.

 

Ses 5 infos :

  • Ma date de naissance ? Je suis née le 4 octobre 1968. Ce qui est drôle, c’est que dans ma langue, Jaroslava signifie « la célébration du printemps ». Cela tombe bien pour 1968. Je ne sais pas si mes parents l’on fait exprès…
  • Mon signe astrologique ? Je suis née sous le signe de la balance, ou du singe selon le calendrier chinois.
  • Mon lieu de naissance ? Je suis née à Spišská Stará Ves en Slovaquie (mot à retenir pour votre prochaine partie de scrabble). Je suis donc d’origine slovaque. Ma région est la plus belle du monde (à mes yeux, mais je peux vous le prouver si vous venez la visiter). C’est un parc naturel à la frontière entre la Slovaquie et la Pologne. 
  • Un rituel au travail ? Non, mais j’aime bien que le RER B marche normalement ! J’aime beaucoup la Cité au printemps, je me balade dans le parc pour voir les plantes qui poussent, pour regarder les couleurs …
  • Une passion ? J’adore faire des traductions littéraires. Je parle slovaque, tchèque, polonais, russe, français, anglais et un peu italien et allemand. Je suis auto-entrepreneur depuis 2009. Je coopère avec une revue de littérature mondiale à Bratislava et travaille aussi avec le Salon de la littérature et de la presse jeunesse à Montreuil. De temps en temps je fais de l’interprétariat, mais je préfère la traduction littéraire, je m’y sens bien, ça me permet de partir et de découvrir d’autres mondes…