La Cité internationale dans le sillage de la COP21

L’éco-campus, un Work in Progress pour un idéal de vie partagée respectueux de l’environnement

12/02/2016


par Pascale Dejean


©TNPlus
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L’éco-campus, un Work in Progress pour un idéal de vie partagée respectueux de l’environnement

L’urgence d’agir pour limiter le réchauffement climatique a sans aucun doute gagné du terrain lors de la COP21 et ce cri d’alerte a retenti au cœur de la Cité internationale, notamment lors de l’exposition UNBERABLE de l’artiste Jens Galschiot. Dans le même temps, Claude Lorius, accueilli en novembre dernier à l’occasion du film que Luc Jacquet lui a consacré, « La glace et le ciel », nous rappelait que 60 ans plus tôt, la glace avait déjà livré ce message, mettant en cause la responsabilité de l’homme dans le changement climatique.
Dans toutes les contrées de notre planète et à toutes les échelles, des actions en faveur de la préservation des ressources sont engagées. Dans cette mouvance, les éco-gestes du quotidien tiennent une place essentielle, non seulement parce qu’ils permettent d’économiser les ressources naturelles et l’énergie mais surtout parce qu’ils témoignent d’une réelle prise de conscience de la société civile.


Si l’action individuelle est indispensable, elle doit également être soutenue par toutes les initiatives collectives qui améliorent la qualité de notre environnement quotidien. Et cet environnement si fragile est au cœur des évolutions urbaines, architecturales et paysagères, qui tentent d’apporter des réponses concrètes aux défis actuels.



La Cité internationale, un modèle historique de développement durable

Dans les années 20, la création de la Cité internationale se distinguait par l’attention portée à son environnement, auquel on prêtait à l’époque des vertus « hygiénistes ». C’est le modèle de la cité-jardin qui a prévalu, offrant à ses occupants des conditions de vie et d’études propices à leur épanouissement. Dans ce contexte d’hygiène sociale, le parc et les jardins étaient sources de bienfait pour les étudiants, au même titre que les équipements sportifs de plein air. La trilogie « air, soleil, lumière »  devient la réponse architecturale et urbaine aux fléaux de la ville industrielle.  Si ces initiatives ne relevaient pas à l’époque d’une démarche purement écologique, elles témoignent cependant de l’intérêt que les architectes et urbanistes portaient à l’amélioration des conditions de vie des habitants.

© Région Île-de-France-Inventaire général/Phot. Philippe Ayrault

© Région Île-de-France-Inventaire général/Phot. Philippe Ayrault



Mieux vivre son environnement quotidien  

Le modèle d’éco-campus qui se dessine depuis quelques années pour la Cité internationale n’est pas si éloigné de cette démarche initiale. Il s’agit de continuer à offrir un cadre de vie propice aux résidents et aux usagers du site dans un environnement urbain dégradé. En cause, la construction du boulevard périphérique en 1960, l’intensification de la circulation automobile et la pollution sonore et atmosphérique qu’elle a engendrée. Un peu partout dans les grandes métropoles, le constat est le même : les villes ne respirent plus ! Et pourtant, la croissance démographique des villes se poursuit, concentrant la majeure partie des activités humaines. Depuis les années 90, la densification s’impose dans les politiques publiques d’aménagement comme une alternative à l’étalement urbain, comme une solution efficace pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, tout en absorbant de nouvelles populations*. Parmi ces nouveaux habitants de la métropole parisienne, les étudiants et chercheurs, qui représentent une catégorie plus mobile, sont également confrontés à une pénurie d’offre de logements. C’est pourquoi la Cité internationale a programmé de nouvelles résidences, prévoyant 1 800 logements supplémentaires d’ici à 2020, tout en préservant son parc, véritable poumon vert dans la ville dense. Mais l’intérêt de ce projet n’est pas seulement quantitatif ; il relève d’une démarche durable qui fixe un certain nombre d’exigences tant sur le plan architectural, qu’urbain et paysager.


Ces exigences sont le fruit de plusieurs années de débats, d’expertises, d’échanges impliquant des spécialistes, des salariés, des usagers afin d’aboutir à un projet partagé, qui tienne compte de la spécificité du site, avec son parc de 34 ha et sa collection d’architectures unique, tout en pérennisant ses valeurs.


Dans un contexte de mutation de l’aménagement urbain, le projet de développement de la Cité internationale remet en perspective les usages du site selon trois grandes orientations :
- Favoriser l’implantation d’architectures contextuelles et durables
- Moderniser les équipements sportifs de plein air
- Développer et requalifier son parc, en valorisant les richesses naturelles et en atténuant les nuisances du boulevard périphérique


Parallèlement, elle poursuit la rénovation des bâtiments selon certaines priorités, qui visent à économiser et valoriser les ressources. Ces actions concernent tous les usagers du site, qu’elle espère sensibiliser aux nouveaux enjeux écologiques. 


*A lire sur le sujet le dossier coordonné par Eric Charmes (Institut français d’urbanisme Université Paris-Est Marne-la-Vallée)
Effet de mode ou solution durable ? La densification en débat

Samedi 27 février à 14h30 : visite commentée et gratuite pour découvrir sur site le projet de développement. Inscriptions à l’adresse “visites@ciup.fr”.



A suivre dans les prochaines newsletters : le projet de développement pas à pas.