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FONDATION DEUTSCH DE LA MEURTHE

TÉMOIGNAGES

« Au cours de mon deuxième séjour dans la capitale française, je parvins à obtenir une chambre à la cité universitaire, Maison Deutsch de la Meurthe, fondée par une riche personnalité du même nom, au profit des étudiants. On y logeait gratuitement. On bénéficiait du service d'un restaurant. La nourriture y était copieuse et saine. Ma chambre portait le numéro 114. »
Habib Bourguiba, premier Président de la Tunisie, ancien résident de la Fondation Deutsch de la Meurthe

 

« C'est certainement à la Cité universitaire que j'ai fourni le travail le plus constant, sinon le plus acharné. Je travaillais dix heures par jour. Mais, du samedi à dix-huit heures au lundi matin, c'était le repos et la distraction : théâtre, cinéma, concert, musée, mais aussi soirée ou plutôt matinée dansante, du dimanche et, de préférence, à la Cité universitaire. »
Léopold Sédar Senghor, écrivain et ancien Président de la République du Sénégal, ancien résident de la Fondation Deutsch de la Meurthe.

 

« Passer du lycée Louis le Grand à la Cité universitaire, c'était s'évader d'une prison de Piranèse pour s'ébattre parmi les fleurs de I'Éden. Je fus admis à la Fondation Deutsch de la Meurthe, une espèce de délicieux béguinage flamand. Des pavillons dispersés sur les pelouses. Des allées serpentant entre les arbres. Un pavillon central surmonté d'un riant beffroi…J'avais une chambre individuelle, une chambre à moi, pour moi, où personne n'avait le droit de fourrer son nez…
Paul Guth, écrivain et ancien résident de la Fondation Deutsch de la Meurthe (extrait de Une enfance pour la vie - Ed. Plon, Paris, 1985).

 

« Je suis originaire de Bogota et j'effectue des études d'art et de design à Paris depuis 2007. Une douce coïncidence m’a fait avoir comme voisine de porte ma camarade chilienne de l’U.R.L. d’Arts et Technologies de l’image de Paris 8, Florencia, avec qui j’ai partagé un an de mutations.  Je suis arrivée à la Deutsch en décembre pleine d’attentes car Florencia, qui y habitait alors depuis septembre, m’avait déjà tout décrit, les chambres, ses copains, le bar des mercredis, etc. Mais quand je suis arrivée, il n’y avait rien de tout cela, les gens étaient tous partis en vacances, Florencia incluse, et je me suis retrouvée toute seule dans ce grand et ancien bâtiment. Il faut le dire, la Deutsch « en vacances », malgré son apparence de conte de fées, est, (j’ai eu la même sensation l’été dernier) une maison hantée où l’on entend encore la respiration de ses anciens résidents (illustres ou pas, d’ailleurs). Des milliers d’âmes qui se mêlent dans un seul et infini espace cyclique perpétué dans ce moment par moi-même. J’ai trouvé le réconfort, ces jours, apeurée, à l’intérieur du tiroir du bureau qui m’a appartenu pendant mon séjour de 2007-2008. Une fois installée dans la chambre, je n’arrêtais pas de trouver des moyens de me l’approprier. C’est la seule façon de ne pas se laisser vaincre par la solitude et l’impersonnalité de ses murs et meubles, par le balayage trois fois par semaine qui cherche à effacer toute trace de notre passage. Et c’est là que je suis tombée nez à nez avec mon plus précieux souvenir de la Deutsch. J’ai ouvert lentement le tiroir et ils ont commencés à apparaître : une quantité énorme de traits de stylos de toutes calligraphies et couleurs, en plusieurs langues, écrits à différentes époques. Au fur et à mesure que la lumière les touchait, les traits commençaient à raconter l’histoire de toutes ces personnes qui y ont séjourné. D’innombrables signatures, avec la date et le pays d’origine, sortaient de l’obscurité pour venir me rappeler mon origine au sein de ce mythe et la signification de mon propre séjour à la Cité Internationale.  C’est amusant de faire partie et la fois de perpétuer cette idée utopique, mal connue des parisiens eux-mêmes, mais que les touristes me rappelaient tous les jours, lorsqu’ils me prenaient en photo, sans vraiment le vouloir, lorsque j’ouvrais les lourds rideaux les dimanches.


Après les fêtes de fin d’année, petit à petit, les résidents sont rentrés et les activités reprenaient : faire la cuisine après le bar des mercredis, les fêtes dans les chambres, les nuits blanches aux thés et cafés de tous les pays du monde.  Et rapidement, une année est passée. Puis, les gens ont commencé à partir, Florencia aussi, rentra au Chili. Puisque ma formation continue, je reste dans ma chambre et toutes les deux, nous préparons déjà la rencontre en janvier 2011, en Colombie. Je vois partir des anciens et reste à saluer les nouveaux avec les rares qui restent aussi. Et tout recommence à nouveau, le cycle continue.  »

Diana MESA, résidente de la Fondation DEUTSCH DE LA MEURTHE de 2008 à 2010
 

En images…

- une chambre à la Fondation Deutsch de la Meurthe

- une soirée des résidents de la Fondation Deutsch de la Meurthe

- un concert organisé à la Fondation Deutsch de la Meurthe