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La Cité internationale accueille tous les ans 10 000 étudiants, chercheurs et artistes dans ses 40 maisons.
En 1927, le diplomate et philanthrope arménien Boghos NUBAR (1851-1930) a fait une donation de trois millions de francs à la Cité internationale pour financer l'édification d'un pavillon arménien. Le génocide perpétré dans l’Empire ottoman en 1915 ayant provoqué l’anéantissement ou l’exil des intellectuels et universitaires arméniens, il souhaitait ainsi favoriser l’émergence d’une nouvelle élite pour son peuple. La Maison des Étudiants Arméniens ou Fondation Marie NUBAR - a été inaugurée le 16 décembre 1930, six mois après la mort de son fondateur.
Le bâtiment est l’œuvre de l’architecte Léon NAFILYAN, installé à Paris dans les années 1920. Il a conçu le projet dans un style qui perpétue les traditions architecturales arméniennes en empruntant à l’architecture religieuse les principales caractéristiques du décor sculpté qui orne les façades du pavillon. Haut de six étages, cet élégant bâtiment se caractérise par un grand luxe décoratif.
A la suite du génocide de 1915, les survivants ont été dispersés sur les cinq continents. Après une courte indépendance de deux ans, la petite République d'Arménie a été conquise et occupée par les Soviétiques en 1920. En 1927, Boghos NUBAR, a demandé à Léon NAFILYAN de reconstituer au sein de la Cité internationale une petite Arménie au moment même où Alexandre TAMANIAN, un talentueux architecte arménien formé dans l’Empire russe, bâtissait une nouvelle « Cité-mère », Erevan, pour en faire la capitale de l’Arménie. Jusqu’en 1991, date à laquelle l’Arménie a recouvré son indépendance, la MEA constituait un lieu unique et privilégié où de jeunes Arméniens venus de toute la dispersion rencontraient ceux venus d’Arménie soviétique, reconstituant la mosaïque disloquée de leur nation. Le « rideau de fer » s’entrouvrait pour la première fois à la Cité internationale, avec les retrouvailles de ces jeunes arméniens.