Honnorat, sur les traces d’un batisseur

Député puis sénateur des Basses-Alpes, André HONNORAT est un réformateur social à l’origine de diverses mesures aujourd’hui entrées dans les mœurs. Son activité parlementaire est considérable. Il s’intéresse aux politiques familiales, à la santé publique, à l’enseignement, aux relations culturelles internationales… Le président Paul REYNAUD dira de lui qu’il avait trois idées par jour. Parmi ses mesures les plus connues : les sanatoriums, l’heure d’été, l’inhumation du Soldat Inconnu sous l’Arc de Triomphe, et bien sûr la Cité internationale…

30/07/2014


par Alexandra BITMIGNON


 

André Honnorat

André Honnorat, fondateur de la Cité internationale

L’ascension d’un autodidacte

Originaire des Basses-Alpes, André Honnorat est né le 10 décembre 1868 Ses parents ayant été ruinés par la crise des années 1880, il quitte le lycée à seize ans. Il travaille alors comme journaliste. Remarqué par Henri Fouquier, député des Basses-Alpes, il devient son secrétaire et milite au sein de la gauche radicale dans les années 1890.  Ardent dreyfusard, il entre au cabinet du ministre de la Marine en 1899. Il reste haut fonctionnaire pendant dix ans. Chef de cabinet du ministre de l’Intérieur en 1905-1906, il se retrouve au cœur de la querelle des Inventaires qui fait suite au vote de la loi de Séparation des Églises et de l’État. Élu conseiller général des Basses-Alpes en 1907, il sera député puis sénateur des Basses-Alpes de 1910 à 1940.

La naissance d’une utopie

En 1921, alors ministre de l’Instruction publique, André HONNORAT nomme Paul APPELL recteur de l’Université de Paris. Grand mathématicien, président de l’Académie des sciences, Paul APPELL a été pendant la guerre président du Secours National où il s’est efforcé de mobiliser les générosités. Les deux hommes, soucieux des conditions de vie difficiles des étudiants parisiens, songent à créer une Cité destinée à accueillir des étudiants méritants. Ils trouvent en la personne d’Émile DEUTSCH DE LA MEURTHE, le mécène qui mettra en œuvre cet idéal. Industriel prospère, à la tête des Pétroles Jupiter qui allait devenir la SHELL France, Émile DEUTSCH DE LA MEURTHE est fidèle à la tradition philanthropique de sa famille, et mécène déjà plusieurs associations charitables. Il souhaite créer « une œuvre durable » et offre dix millions de francs or pour acheter des terrains et construire une maison destinée à accueillir des étudiants dans de bonnes conditions. Première résidence de la Cité internationale, la Fondation DEUTSCH DE LA MEURTHE ouvre ses portes en 1925.

Le tour du monde d’André HONNORAT

Président de la Cité internationale jusqu’en 1948, André HONNORAT multiplie les voyages et les conférences pour rechercher des fonds et fédérer les volontés. Infatigable voyageur, il parcourt pendant trente ans la plupart des pays d’Europe, d’Amérique, du Proche-Orient et d’Asie. Ses voyages permettent de réunir des souscriptions importantes et 19 maisons voient le jour avant la 2e guerre mondiale.

André Honnorat et sa femme, en Chine, 1933

André Honnorat et sa femme, en Chine, 1933




André HONNORAT au Mexique, l’un des nombreux voyages qu’il entreprit pour exposer l’idéal de la Cité internationale

André HONNORAT au Mexique, l’un des nombreux voyages
qu’il entreprit pour exposer l’idéal de la Cité internationale




Film documentaire de 26 minutes réalisé par Jean-Michel Fouque, écrit par Nathalie Kaufman et Guillaume Tronchet, produit par Transkom, en co-production avec la Cité internationale universitaire de Paris :