Connaître la bibliothèque

Statut :

La Bibliothèque est un des services au public de la Cité internationale universitaire de Paris, fondation nationale reconnue d’utilité publique par décret du 6 juin 1925.

Missions :

Favoriser l’accès des étudiants et chercheurs étrangers à la documentation :
  • mise à disposition de collections axées sur la culture française.
  • organisation de services d’identification, localisation et fourniture des documents favorisant le travail universitaire.
Faciliter le séjour des étudiants et chercheurs étrangers :
  • offre de formation à la recherche documentaire.
  • offre d’autoformation en français et en langues étrangères.
  • mise à disposition d’espaces et d’outils de travail largement ouverts sur les nouvelles technologies.
Conserver la documentation relative à l’Institution.

Histoire :

1927 : André Honnorat confie à Louis Barrau-Dihigo et Camille Bloch le soin de définir les orientations de la future Bibliothèque. “Une bibliothèque de référence permettant la consultation sur place des principaux ouvrages utiles à la préparation des examens et concours”.
1928 : Voyage d’étude d’Honnorat aux Etats-Unis afin d’étudier les International Houses et Student Unions des universités américaines dont il veut s’inspirer pour créer un “foyer commun de vie spirituelle” qui deviendra la Maison Internationale et comportera, parmi ses services généraux, une Bibliothèque.
4 novembre 1935 : Premier ouvrage inscrit au registre d’inventaire – FOUQUERAY, Henri. Histoire de la Compagnie de Jésus. Paris : Picard, 1910 – provenant de la bibliothèque de Stephen d’Irsay [?] dont les 134 volumes acquis au “prix global et forfaitaire de 12 700 francs y compris les ouvrages sur l’histoire des universités” constituent l’embryon du fonds documentaire.
14 novembre 1936 : Inauguration par Albert Lebrun, Président de la République.

Inauguration de la bibliothèque par le président Albert Lebrun.
3 janvier 1937 : Rare lieu de la Cité où la mixité est admise, la Bibliothèque ouvre ses portes au public de résidents.
23 novembre 1938 : Dans : “Les Nouvelles Littéraires”, Georges Duhamel fait appel à la générosité de la communauté scientifique pour enrichir ce “magnifique espoir de Bibliothèque”. Editeurs et écrivains français et étrangers répondent massivement et plus de 10 000 livres et revues viennent enrichir le fonds documentaire.
1969 : Ouverture de la Bibliothèque aux étudiants non-résidents.
1985 : Mise à disposition par la DBMIST d’un terminal pour l’interrogation des banques de données Pascal et Francis.
1988 : Participation aux catalogues collectifs nationaux Adhésion au CCNPS (Catalogue collectif national des publications en série).
1990 : Adhésion au réseau SIBIL pour le catalogage des monographies et participation au Pancatalogue.
1991 : Adhésion au réseau de Prêt entre bibliothèques.
Premières bases de données sur cédérom : Téléthèses et Myriade.
Ouverture de la Bibliothèque le samedi.
1993 : Mise en libre accès des usuels.
1995 : Mise à disposition d’Internet pour le public.
1997 : Adhésion à RENATER (Réseau national de télécommunication pour la technologie, l’enseignement et la recherche).
1999 : Création de l’OPAC (catalogue local des collections) et de la sitothèque.
2000 : Création du site web de la Bibliothèque.
2001 : Catalogage et signalement des documents dans le SUDOC (catalogue collectif des documents des bibliothèques de l’enseignement supérieur).
2003 : Mise en place d’un service d’impression centralisé.
2004 : Adhésion au consortium Couperin (groupement d’achat pour la documentation électronique).
2005 : Rénovation de la salle de lecture.
WIFI.
Ouverture de la Bibliothèque le dimanche.
2006 : Prises électriques et réseaux à chaque place.
2010 : Adhésion à Worldcat.
2011 : Acquisition de la base “Classiques Garnier Numérique” (Mécénat).
2012 :En présentant son projet “Utilisation d’IDREF pour l’enrichissement de notices bibliographiques : le cas de Classiques Garnier numérique” la Bibliothèque gagne, avec les SCD de Bordeaux 3, Strasbourg et Reims, le premier concours lancé par l’Agence bibliographique de l’enseignement supérieur sur le thème “Utilisation innovante des données, outils ou services proposés par l’ABES”.
2013 : Présentation du projet “Intégration dans l’OPAC de la disponibilité du document en prêt dans les bibliothèques du département à partir du service Multiwhere” lors des journées réseaux organisée par l’ABES.
Participation au projet ISTEX.
Nouvelle signalétique.
2014 : Présentation du projet “Actualisation des collections à partir de WINIBW : le cas de CAIRN” lors des journées réseaux organisée par l’ABES.
2015 : Mise en place d’un service de Cloud printing

Architecture :

La Cité Universitaire

Lieu de brassage ethnique, social et culturel, la Cité internationale universitaire de Paris, dont la mission est de favoriser les échanges entre étudiants et chercheurs de la communauté internationale, est un des lieux les plus magiques qui soient.

Un projet idéologique

Echo de cette diversité foisonnante, l’architecture de la Cité mêle styles et décors les plus variés dans un parc arboré de 34 hectares. De la modernité la plus inventive du XXe siècle à l’architecture traditionnelle d’un pays, son aspect composite et intemporel puise son origine dans l’idéal de paix et d’humanisme qui l’a façonnée et continue de l’habiter.

Inspirée des collèges des nations du Moyen-Age, la Cité est édifiée au lendemain de la Première guerre mondiale pour être une “œuvre de rapprochement intellectuel et moral au service de l’humaine compréhension” . Elle apporte par ailleurs une solution à la pénurie de logement étudiant qui entrave le développement de l’Université de Paris et par là même nuit au rayonnement de la France à l’étranger.

Ralliant personnalités politiques, universitaires et industriels fortunés, ses principaux fondateurs, André Honnorat, Paul Appell, Jean Branet, David David-Weill et Emile Deutsch de la Meurthe, se consacrent avec ferveur à l’élaboration de ce vaste projet. Lors de la démolition des fortifications , ils font pression pour que soit créé un “zoning d’habitation universitaire sinon d’enseignement”. Ainsi, pendant près de 50 ans, de 1925 à 1969, 37 maisons sont édifiées sur le site et offertes à la Chancellerie des universités de Paris par des personnes privées, des états ou des grandes écoles.

Classicisme version américaine

Institution universitaire de par son public mais ne dispensant aucune forme d’enseignement, la Cité offre à ses usagers un logement et des services leur permettant de mener leurs études et recherches dans les meilleures conditions.

Les services autour de la vie étudiante, bibliothèque, restaurant, salles de sports et salons de réunion sont abrités dans la Maison internationale, conçue sur le modèle des International Houses et des students unions édifiées aux Etats-Unis.

Quatrième du genre après celles de New York (1924), Berkeley (1930) et Chicago (1932), la Maison internationale est offerte à la Cité en 1936 par John David Rockefeller Junior.

Avant de s’intéresser à la Cité, Rockefeller consacre trois millions de dollars à la restauration de la cathédrale de Reims et des châteaux de Versailles et Fontainebleau qui “font partie du patrimoine moral de l’humanité”. La passion de Rockefeller pour la grande architecture française dicte naturellement certains partis pris esthétiques : l’architecte américain Jean Frédéric Larson, assisté de Jean Rigaud, s’inspire de Fontainebleau pour produire un ensemble à l’allure d’un imposant palais de style Renaissance réinterprété par le XVIIe siècle. Seul un œil averti parvient à dissocier l’enveloppe de la structure métallique et peut regretter l’interprétation desséchée du style classique qui alimente l’effet de pastiche.

Certains espaces comme le salon Honnorat ou la bibliothèque empruntent directement des formules au style classicisant qui leur confèrent cet atmosphère d’un autre temps.

Spécialiste de l’architecture universitaire, auteur de nombreux bâtiments dont la Baker Memorial Library du Darmouth College réalisée en 1928, Larson ne recherche pourtant pas ses principes formels aux Etats-Unis où les bibliothèques édifiées sur les campus sont des entités distinctes ; il conçoit un plan qui répond aux exigences imposées par la configuration générale de la Maison internationale. Tirant parti de la trame métallique, il libère deux grandes nefs qui divisent longitudinalement le corps principal du bâtiment en deux travées égales respectivement occupées par le salon Honnorat et la bibliothèque.

De la bibliothèque rêvée à la bibliothèque idéale

La bibliothèque est inaugurée par le Président de la République Albert Lebrun le 14 novembre 1936. D’une capacité de stockage de 50 000 volumes, elle offre 150 places de lecture. Elle se développe en longueur, reprenant le système de la galerie voûtée qui se répand en Europe à partir de la fin du XVIe siècle. Attaché à l’excellence d’une longue tradition architecturale, Larson en retient la monumentalité et le caractère ostentatoire. On ne peut manquer de dresser un parallèle avec la bibliothèque du Trinity College édifié vers 1676 par Christopher Wren à Cambridge ou avec le Palais des études , construit en 1839 par Duban à Paris, qui adoptent le principe de la galerie.

A la Cité, la salle de lecture se présente comme une longue nef percée au nord de grandes baies vitrées et doublée au sud par une galerie de stockage semi-ouverte. L’architecte a su habilement tirer parti du jeu des ouvertures sur les murs longitudinaux pour dilater l’espace visuellement. Ainsi, l’ordre classique qui impose son rythme selon les règles de symétrie les plus absolues gagne en légèreté : en élévation, les baies en plein cintre, vitrées ou simplement délimitées par une claustra ajourée, sont disposées en strict vis-à-vis ; elles alternent avec des pilastres cannelés qui semblent soutenir la voûte en anse de panier. Cet effet est accentué par la corniche en forte saillie qui ceinture la salle, unifiant ainsi le volume. Larson avait-il connaissance du projet de la “Bibliothèque du Roi” d’E.-L. Boullée de 1785 ou de la bibliothèque de l’université d’Edinburgh, édifiée par W.H. Playfair entre 1831 et 1834 ? Il adopte le principe de la voûte à caissons qu’on retrouve dans ces deux bâtiments et introduit un puits de lumière zénithal constitué de carreaux de verre décorés de motifs floraux stylisés ou géométriques.

Dans le traitement du décor, les citations au palais de Fontainebleau sont clairement identifiables : d’époque Louis XIII, la clôture ajourée de la chapelle de la Sainte-Trinité, due à Martin Fréminet, a sans doute inspiré la conception des claustras en bois qui délimitent la salle de lecture des espaces de stockage. Dans un souci d’enrichissement du décor, la même démarcation est reconduite au second niveau avec des garde-corps en fer forgé.

Imitant le bois, les cheminées de la bibliothèque sont ornées de deux grandes toiles peintes, disposition qui s’impose à partir de l’époque Louis XIII. La première, représentant le français Pasteur et l’anglais Lister, rappelle l’amitié entre les peuples, grand dessein de la Cité ; la seconde, figurant Robert de Sorbon, évoque les liens de la Cité avec l’Université de Paris . Contemporaines de la construction de la Maison, ces deux toiles allégoriques de Degorce épousant la forme d’une arcade en plein cintre s’intègrent parfaitement au décor classicisant. Elles sont surmontées d’une horloge en forme d’ex-libris qui égraine les heures.

Neutre et uniforme, la teinte beige a été retenue pour l’ensemble du décor, simplement souligné d’un liseré doré. En accord avec cette tonalité, les meubles sont réalisés en chêne massif d’après les dessins de Larson. Les objets mobiliers, des lampes aux sous-mains en cuir, sont restés en l’état. L’agencement lui-même a peu changé si l’on s’en réfère au revêtement de sol, en linoléum dans les passages et en liège sous les tables. Seul l’alignement des ordinateurs en façade montre l’évolution de cette bibliothèque pensée, à son ouverture en 1936, pour être un lieu essentiellement convivial. Dans les années 90, le développement des nouvelles technologies et la coopération universitaire permettent de restituer la primauté à la fonction documentaire.

Un projet d’extension avec création de nouveaux services, salle d’actualités, cybercentre et espace de formation, permettra d’achever la mutation de la bibliothèque rêvée vers la bibliothèque idéale.