Un bon cru 2014 pour le miel de la Cite internationale

Point fort de la démarche éco-campus de la Cité : la préservation de la biodiversité en faveur d’un habitat riche et diversifié, garantissant aux abeilles des plantes mellifères de qualité.

14/10/2014


par Pascale Dejean


En 2013, la Cité internationale se mobilise en faveur de l’abeille, cette prodigieuse « sentinelle de l’environnement »* et installe cinq ruches dans son parc, grâce au soutien de la Fondation Veolia. Pour ces abeilles butineuses, les 34 ha du parc constituent une réserve exceptionnelle de plantes mellifères en plein Paris. Bien que le parc dispose de nombreuses variétés d’arbres appréciées des abeilles (Chênes pédonculés, érables champêtres, frênes à fleurs, saules, tilleuls, cerisiers, marronniers d’Inde, noisetiers de Bysance, acacias robiniers), la Cité internationale a créé une prairie fleurie d’environ 300 m2 qui apporte un complément nutritif essentiel aux abeilles. Sa spécificité tient au procédé de plantation mis en œuvre : les graines, adaptées à leur nouveau milieu, ont été récoltées à la main dans Le jardin du naturaliste, une pépinière dans laquelle Olivier Tranchard cultive les plantes sauvages, privilégiant leur caractère indigène tout en recherchant une diversité génétique.

 

Si les abeilles trouvent dans le parc un milieu favorable à leur développement, elles ont besoin d’attention et le rôle des apiculteurs est indispensable à leur survie. La Cité internationale a choisi de former des salariés à cette pratique, accompagnés pendant trois ans par deux apiculteurs référents du GABI (Groupement des apiculteurs de Bréviande intercommunal). Ce dispositif est une opportunité pour ces salariés qui apprennent sur le long terme à gérer un rucher, depuis l’extraction et la récolte du miel au nourrissage des abeilles. Au fil des visites, l’activité du rucher livre son organisation, remarquablement orchestrée.

 

Les cinq ruches ont produit cette année 135 kg de miel grâce à la mobilisation générale des services de la Cité internationale et de ses partenaires, qui œuvrent côte à côte à la préservation des abeilles et plus généralement en faveur de la biodiversité en milieu urbain.

 

* Programme national et charte pour la survie des abeilles et la sauvegarde de la biodiversité de l’UNAF (Union nationale de l’apiculture française)

 

©Mélodie Seznec / 2014

Le rôle prépondérant des abeilles dans l’écosystème

Par Jean Lacube, secrétaire de l’UNAF  et président du GABI

« Apparue avec les plantes à fleurs, l’abeille existe sur notre planète depuis plus de 80 millions d’années. Aujourd’hui, plus de 80 % de notre environnement végétal est fécondé par les insectes pollinisateurs dont 60 % par les abeilles domestiques, qui jouent un rôle prépondérant de pollinisateurs. Ainsi, près de 20 000 espèces végétales menacées sont encore sauvegardées grâce à l’action pollinisatrice des abeilles. L’impact des insectes pollinisateurs dont l’abeille sur l’économie mondiale est de l’ordre de plus de 150 milliards d’euros, soit 9,5 % de la production alimentaire mondiale. Selon l’INRA, la production d’au moins 80 % des cultures que nous consommons dépend des pollinisateurs, dont plus des ¾ sont des abeilles. [Par ailleurs, le miel, le pollen, la gelée royale, la propolis, le venin, demeurent des produits naturels appréciés par les consommateurs et font l’objet de nombreuses recherches de par le monde pour leurs qualités diététiques et thérapeutiques.

Pourtant, aujourd’hui, après avoir survécu à tous les changements climatiques, les abeilles sont menacées en raison de mutations profondes de l’environnement, dues notamment à des pratiques agricoles inadaptées (emploi abusif de produits phytosanitaires de plus en plus toxiques, remembrement, monoculture, ensilage, etc…).

En France, depuis 1995, près de 30 % des colonies d’abeilles disparaissent chaque année. En 10 ans, 15 000 apiculteurs ont cessé leur activité. Les survivants passent beaucoup de leur temps à remonter leur cheptel ; ce qui ne compense pas la perte de production. De 1995 à 2005, la production nationale de miel a chuté de 50 % et les importations ont triplé.

C’est pourquoi la Cité internationale a décidé en 2009 d’intégrer des ruches dans son parc. Pour lui permettre d’une part de concrétiser sa démarche en faveur du développement durable et d’autre part, pour alerter le grand public sur cette situation inquiétante et tenter de protéger aussi bien l’abeille que les insectes pollinisateurs sauvages. L’avenir de  l’apiculture en dépend ainsi que les générations futures de consommateurs.

Il est urgent de prendre conscience de l’importance de la préservation de cette faune pollinisatrice pour la sauvegarde de nos cultures, de la biodiversité et tout de ce qui en découle, dont notre avenir. »