Mohed Altrad, immigré syrien et ancien résident de la Cité internationale

Mohed ALTRAD, homme d’affaires et auteur syrien a été résident de la Fondation de Monaco de la Cité internationale en 1972. Le 6 juin 2015, c’est dans la principauté de Monaco qu’il reçoit le Prix mondial de l’entrepreneur de l’année 2015.


28/09/2015


ALTRAD-bio


Mohed Altrad, Prix mondial de l’entrepreneur de l’année 2015, est un ancien résident. En 25 ans, il a procédé à plus de soixante acquisitions, fusions et créations d’entreprises en Europe et dans le monde. Aujourd’hui, Altrad est le n°1 mondial de la bétonnière, le n°1 européen de l’échafaudage et de la brouette.

Donner des racines à sa création

Mais pour y parvenir, cet homme d’exception a dû lutter contre son destin. Né dans un village bédouin du désert syrien, il réussit aller à l’école malgré le refus de sa grand-mère. A l’âge de 17 ans, il arrive en France avec une bourse de son pays, et il se retrouve complètement déraciné affectivement et physiquement. Guidé constamment par une soif de vie, il réussit à garder son optimisme : « Je ne voulais pas accepter mon destin de berger. Je sais bien qu’il y a souvent des moments dans la vie où on n’a pas le choix et on tombe dans le piège. J’ai cherché à refuser ça. »

Animé par une forte volonté de donner des racines à sa création, il a réussi créer un empire, le groupe Altrad. Ses armes : une intelligence intuitive et son immense respect pour les humains, pour leur histoire, leur passé, leur culture. Ce ne sont pas moins de 14 pays et 8 langues qui coexistent au sein de son groupe. Un univers qui emprunte beaucoup à la diversité culturelle du campus où il a vécu pendant ses études, la Cité internationale.

Mon séjour à la Cité internationale a été salvateur, fondateur

De cette période, Mohed Altrad se souvient avec émotion : “Mon séjour à la Cité internationale a été salvateur, fondateur : le côté chaleureux de la Cité… et c’est la première fois où j’habitais dans une maison, avec une chambre et un lit, et non sous la tente. J’avais mon voisin de chambre avec qui échanger.”

Une expérience du vivre-ensemble dans la diversité qui marquera son esprit : « J’ai envie d’être extrêmement humain, parce que c’est cette humanité qui m’a manqué au départ. Et la Cité, c’était le point central de l’humanité que j’avais trouvée. Sans ça, probablement, j’aurais été perdu. »

Je regarde la Syrie et je vois une population ayant perdu tout sentiment d’appartenance

Malgré avoir quitté la Syrie très jeune, la crise humanitaire que traverse actuellement son pays ne le laisse pas insensible : « Je regarde la Syrie et je vois une population massacrée, ayant perdu tout sentiment d’appartenance à un pays qui n’est plus pratiquement le sien [...] L’humanité a un devoir de secours, de solidarité, d’entre-aide. »

Mohed Altrad affirme souvent que l’intégration, c’est une chance : « Je suis arrivé en 1969 avec une bourse de 200 francs, à l’époque autour de 20 € par mois. Il fallait vivre avec ça et suivre un cursus difficile, parce qu’il fallait apprendre la langue, s’habituer à cette culture, se l’approprier et, petit à petit, effectuer une ascension. »

Un mécène de la Cité internationale

Souhaitant rendre à la Cité internationale ce qu’elle lui a offert, Mohed Altrad décide de contribuer à la continuité de cet univers de paix et de vivre ensemble en devenant un de ses mécènes.

Ainsi, le groupe Altrad, leader mondial du matériel pour le bâtiment a contribué à hauteur de 100 000 € à la rénovation du Pavillon Pasteur de la Fondation DEUTSCH DE LA MEURTHE qui a rouvert ses portes à la rentrée 2015.

 

 

DeutschDeLaMeurthe_Pavillon-Pasteur - © CiuP (42)

Inaugurée en 1925, la Fondation DEUTSCH DE LA MEURTHE fut la première résidence construite à la Cité internationale.