93 nouveaux logements pour les chercheurs à la Cité internationale

L’agence BRUTHER remporte le concours pour la construction d’une nouvelle résidence pour les chercheurs à la Cité internationale.

16/01/2014


par Pascale Dejean


Vue depuis la rue Rivoire

Vue depuis la rue Rivoire

 

Lancement du quatrième projet de construction à la Cité internationale

Après la Maison de l’Inde, la Maison de la Région Île-de-France et la Maison de l’avenue Paul Vaillant Couturier, un quatrième projet de construction verra le jour en 2017, l’agence BRUTHER remporte le concours pour la construction d’une nouvelle résidence de 93 logements pour les chercheurs à la Cité internationale. 

Les trois maisons de la ville de Paris

La ville de Paris a lancé trois nouvelles opérations à la Cité internationale, en partenariat avec la Région Île-de-France : la construction d’une maison rue Paul Vaillant Couturier confiée à l’agence AAVP ; la requalification de la Résidence Victor Lyon qui sera conduite par les agences Robert RAVAUX CLEMENT et Suzel BROUT ainsi qu’une seconde construction à l’angle du boulevard périphérique et de la rue André Rivoire. La RIVP est maître d’ouvrage pour les deux dernières opérations.

Ces trois projets font partie du nouveau plan d’aménagement de la Cité internationale, approuvé en avril 2013 par la Ville de Paris et la Chancellerie des Universités de Paris. A terme, ce sont dix nouvelles résidences destinées à accueillir 1 800 étudiants et chercheurs qui seront édifiées sur le site. La Cité internationale augmentera ainsi sa capacité d’accueil de plus de 30%.  

 

Vue sur la terrasse du dernier étage

Vue sur la terrasse du dernier étage

Alexandre THERIOT, architecte, présente la spécificité de l’agence Bruther 

« Jeune agence d’architecture, nous privilégions l’innovation dans nos projets. Pas de solution toute faite : un contexte ; un usage ; un coût. Une grande rationalité et une légèreté, une poésie de la situation unique qui fait sens. Faire une architecture spécifique et adaptée aux moyens propres à chaque projet pour produire des conditions de vie maximales.

La motivation profonde de l’agence : concilier des termes a priori antagonistes, le standard et l’inédit, le concret et l’onirique, le pertinent et l’inattendu.

La conception de notre architecture obéit de prime abord à des règles simples. Un bâtiment, c’est une règle constructive, des matériaux et des éléments d’architecture en adéquation entre eux. Mais avant tout, nous sommes soucieux de matérialité avant même de parler d’architecture.

Nos projets fonctionnent à l’économie. Ils visent à éliminer tout superflu, ils gardent précieusement en eux, une expressivité, une force d’évocation qui sont peut-être au fond celles que le matériau délivre par sa mise en œuvre et une architecture rationnelle et attentionnée.

Notre démarche pourrait se résumer en un seul mot : optimalité. Une optimalité qui cherche à tirer la plus grande expressivité de la matière construite au sein d’un agencement rigoureux, économe et durable. Il n’y a pas de rhétorique prédéfinie, pas de recherche formelle a priori. Notre travail s’articule autour d’une culture du projet où la considération des contraintes inhérentes à tout projet engendre des réponses architecturales spécifiques et d’une souveraine évidence.

En somme, nos projets sont ‘essentialistes’ car peu d’éléments (parfois même un seul élément) suffisent à imprimer plus qu’une image : une règle, une direction, une présence et plus que tout cela, une pertinence. C’est réellement d’une pertinence de l’architecture dont nous souhaitons apporter la preuve, projet après projet. Au-delà de la propre expressivité de nos bâtiments, ce que nous voulons faire partager, c’est une pertinence construite, concrète, la pertinence d’une matérialité qui sans perdre sa rigueur conquiert sa poésie. »

 

Vue depuis le parc

Vue depuis le parc

Le projet de l’agence BRUTHER

La compacité ainsi que les performances thermiques et énergétiques ont guidé le projet de l’agence. Elle a donc parfaitement répondu aux exigences environnementales prescrites par la maîtrise d’ouvrage. La maison sera implantée à une dizaine de mètres du boulevard périphérique, permettant l’aménagement d’un talus végétalisé acoustique et garantissant une continuité écologique sur ce versant, une trame verte en devenir. Elevée sur pilotis, elle libèrera également un espace au sol en continuité avec le parc, multipliant les perspectives paysagères.

Cette insertion du bâtiment dans le site est travaillée également sur le plan vertical, les espaces collectifs étant partiellement enterrés grâce à un remodelage du terrain. Vitrés en façade nord, ces espaces ouverts sur le rez-de-jardin forment un socle désolidarisé du bâtiment d’hébergement. Synthèse entre l’habitat surélevé du pavillon suisse ou de la Maison de l’Iran et de l’espace semi enterré de la Maison de l’Allemagne ? Ce qui est certain, c’est que les propriétés de ce nouveau projet doivent s’apprécier non plus en termes stylistique mais à la lumière d’un nouveau paradigme, celui qui privilégie l’architecture durable et le confort de vie ou ce qu’on pourrait nommer l’éco-confort.

Conçu sur un plan en H, le bâtiment réserve l’espace central aux circulations et salons d’étages, entièrement vitrés, qui font office de galerie de rencontre verticale entre les deux volumes d’habitation. Les façades Est et Ouest sont entièrement vitrées et équipées de stores bannes,  offrant des vues directes sur le parc alors que les pignons nord et sud sont opaques, recouverts d’un bardage métallique nervuré en acier inoxydable. Si c’est la notion de cube évidé qui a été retenue pour caractériser l’édifice, la transparence et la trame des façades en verre est également l’un des éléments identifiables du projet.