Journée de la femme : la Cité internationale, premier campus français à accueillir des femmes en 1925

Depuis sa création, la Cité internationale a ouvert ses portes à un nombre important de femmes françaises et étrangères, venues entreprendre leurs études au sein des universités parisiennes. Médecins, artistes, femmes politiques, auteurs ou encore savantes, elles sont devenues des grandes figures de leurs générations…


par Oana Besnea


©CiuP/Photo Louis Fréon/DR
©CiuP/Photo Louis Fréon/DR

 

Début du XXe siècle, les universités se féminisent progressivement…

En France comme ailleurs en Europe, le début du XXe siècle est marqué par un changement profond dans le paysage universitaire. La présence des femmes sur les bancs des universités augmente progressivement et l’académie de Paris compte à elle seule près de la moitié des effectifs féminins de l’enseignement supérieur français.

 

Il s’agit pour la plupart d’étrangères désireuses de poursuivre une formation universitaire dans les prestigieuses universités parisiennes, ou tout simplement des formations qui ne leur étaient pas accessibles dans leurs pays d’origine.

 

De la présence des femmes dans les universités françaises, les fondateurs de la Cité internationale en ont fait leur combat. Ce sera donc sans surprise qu’en 1925, une première génération d’étudiantes soient logées à la Fondation Deutsch de la Meurthe. Plus précisément, c’est le Pavillon Pierre et Marie Curie qui sera réservé aux femmes. Au fur et à mesure que le campus se développe, d’autres maisons s’ouvriront à la mixité des sexes, comme c’est le cas pour le Collège franco-britannique, la Fondation des Etats-Unis, le Mexique et le Collège néerlandais.

 

La présence des femmes, « un élément d’humanisation et de bonne conduite »

A la fin des années 1950, la Maison des étudiants canadiens qui jusque-là envoyait les jeunes femmes canadiennes directement au Collège franco-britannique, accueillera son premier contingent féminin.

 

Le directeur de la maison se félicitera de ce choix :

« Comme vous nous y avez autorisé, nous avons, cette année, accepté des jeunes filles pour la première fois. Leur présence, il me fait plaisir de le dire, a été un élément d’humanisation et de bonne conduite [...] Je puis, maintenant que l’expérience est concluante, vous affirmer que jamais nos étudiants n’ont connu de mœurs aussi policés, n’ont eu une tenue générale aussi digne, et ce, grâce à la présence des jeunes filles. Ces dernières ont en plus créé un climat d’émulation, si bien que nous avons assisté à une course à la culture. Chacun et chacune se voulait en mesure de passer des commentaires sur le plus grand nombre possible de pièces théâtrales, de grands films, de concerts symphoniques, etc. C’est, il me semble, un bilan fort encourageant. »*

*extrait du livre Maison des étudiants canadiens, Cité internationale universitaire de Paris : 75 ans d’histoire, 1926-2001, Linda LAPOINTE.

 

Des anciennes résidentes devenues célèbres

Si la présence des femmes était très bénéfique dans les pavillons de la Cité internationale, l’apport de ces étudiantes étrangères à la formation des élites dans leurs pays d’origine n’est pas passé inaperçu.

Parmi celles-ci, nous rappelons :

Louise BEAUDOIN, ancienne ministre du Quebec | Maison des étudiants canadiens

Sophie BESSIS, historienne et journaliste | Maison de la Tunisie

Michèle COTTA, journaliste et écrivaine | Collège néerlandais

Adrienne CLARKSON, journaliste, écrivaine, ancienne gouverneure générale du Canada | Maison des étudiants canadiens

Olga COSSETTINI, professeur et pédagogue Argentine, transformatrice de l’école traditionnelle basée sur la punition corporelle| Maison de l’Argentine

Mira FURLAN, actrice | Maison des provinces de France

Margo GLANTZ, écrivaine | Maison du Mexique

Lelia SALGADO, éditrice et commissaire d’exposition de Sebastiao SALGADO| Maison du Brésil

Leila SHAHID, diplomate, ancienne représentante de l’Autorité palestinienne auprès du gouvernement français puis de l’Union européenne | Maison du Liban

Najat VALLAUD-BELKACEM, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche | Résidence Robert Garric

L’impératrice Farah PAHLAVI, épouse du Shah d’Iran | Collège néerlandais

 

 

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