Intervention de Carine Camby à une conférence sur l’attractivité des campus français. #RUE2017

06/04/2017


par Ozlem Yildirim


conf-aef-16-mars-2017

Dans le cadre du Salon de l’Enseignement supérieur 2017 sur le thème, « La France, Campus du Monde », Carine CAMBY, déléguée générale de la Cité internationale universitaire de Paris a participé à la conférence « Quels sont les standards internationaux d’attractivité des campus ? Quels sont les freins à lever ? Et ensuite, quel suivi ? » aux côtés de Bertrand MONTHUBERT, Président du Conseil d’Administration de Campus France, d’Anne-Sophie BARTHEZ, Présidente de l’Université Paris Seine et d’Alexandre AUMIS, Directeur du Crous de Créteil.

Aujourd’hui, les pays les plus performants en matière de croissance économique sont ceux qui ont placé l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation au centre de leur système. Une concurrence exacerbée s’est ainsi développée pour attirer les meilleurs talents. Quels sont les freins à l’attractivité de la France et les solutions à mettre en place ?

Cette conférence animée par Camille Cordonnier, journaliste à l’AEF, avait pour objet d’identifier les freins à l’attractivité des campus français et d’évoquer des pistes d’amélioration. 

Dans son intervention, après avoir identifié les points d’amélioration, Carine Camby a proposé plusieurs solutions concrètes parmi lesquelles : le développement des structures d’accueil ; un accueil humain et personnalisé ; la simplification des démarches administratives ; et le développement de l’identité propre des campus qu’elle définit comme « des entités physiques qui se concrétisent dans des lieux dédiés à l’accueil des étudiants et des chercheurs. ».

Lire la synthèse de la conférence 

Intervention de Carine Camby:

 

Vers une prise de conscience des enjeux

Carine CAMBY a mis en lumière une des principales difficultés de la France qui pendant longtemps a accueilli de nombreux étudiants internationaux sans avoir besoin de définir une stratégie. Or aujourd’hui, dans un contexte de concurrence internationale féroce, aucun pays n’est spontanément attractif. Elle en veut pour preuve la baisse de la France dans le classement des pays d’accueil de la mobilité universitaire. Elle a souligné que la prise de conscience de cette situation dans notre pays était relativement récente, mais bien réelle. Les réponses opérationnelles sont cependant plus lentes à émerger. Il reste difficile de dégager les moyens nécessaires pour la mise en place des dynamiques qui vont permettre de modifier durablement cette situation.

Carine CAMBY a salué l’existence dans les établissements d’enseignement supérieur ou leurs regroupements de vraies stratégies de développement international tout en insistant sur les points d’amélioration, notamment le relatif manque de coordination au niveau local entre les acteurs universitaires, les collectivités territoriales et les acteurs étatiques. Elle a pris l’exemple de la région parisienne, qui concentre sur son territoire un grand nombre d’étudiants et de chercheurs internationaux, et où cette coordination et cette anticipation pourraient être améliorées. Une des conséquences de cette situation reste la difficulté à élaborer des dispositifs communs pour accueillir les étudiants et les chercheurs étrangers et à les leur faire connaitre. Il ne faut pas négliger le bouche à oreille de ceux qui rentrent dans leur pays et assurent, ou pas, la promotion d’une destination !

 

Des démarches administratives facilitées : une des clés de l’attractivité 

Carine CAMBY a soulevé le problème des formalités administratives, très durement ressenties par les étudiants étrangers, tout en saluant les améliorations déjà réalisées et à venir dès la rentrée de 2017 notamment grâce à la généralisation des titres de séjour pluriannuels. Elle a rappelé les difficultés matérielles que les étudiants étrangers continuent de rencontrer lorsqu’ils viennent faire des études à Paris : les délais d’obtention de la carte vitale ou des aides sociales, l’ouverture d’un compte en banque, devenue presque impossible pour les étudiants qui restent moins de six mois, et la question centrale du logement dans les grandes métropoles régionales représentent aux yeux de Carine CAMBY des freins importants.

Lutter contre l’isolement des étudiants étrangers

Carine CAMBY a également attiré l’attention sur les risques d’isolement de certains étudiants étrangers. Elle a insisté sur la nécessité d’identifier et d’aider ces étudiants qui ont besoin d’un accompagnement plus humain et plus personnalisé.

La Déléguée générale de la Cité internationale a ensuite exposé les actions mises en place à la Cité internationale pour venir en aide aux étudiants étrangers en difficultés. Un service de psychologues multilingues y a ainsi été créé pour suivre les étudiants en souffrance. Ces derniers peuvent échanger avec l’équipe soignante sur les problèmes qu’ils rencontrent au quotidien, que ce soit la barrière de la langue, la barrière culturelle, l’éloignement du cercle familial et amical, la difficulté à comprendre ce qu’on attend d’eux dans le système universitaire français ou tout autre problème.

La Cité internationale universitaire de Paris, un lieu de référence pour les publics en mobilité

Afin de lever ces freins, Carine CAMBY a souligné la nécessité de développer des plateformes de services complètes qui accompagnent les étudiants en amont de leur départ vers la France puis durant leur séjour. Elle a donné l’exemple de la Cité internationale universitaire de Paris qui a développé une véritable expertise dans ce domaine, en organisant à chaque rentrée depuis 15 ans la plateforme d’Accueil des Etudiants Internationaux, avec le soutien de la Ville de Paris et de la Région Ile de France : un guichet unique qui accueille pendant trois mois les étudiants étrangers venus poursuivre des études en Ile-de-France. 

Autre nécessité : plus qu’un dispositif, développer une culture de la bienvenue, un état d’esprit accueillant. Carine CAMBY a invité les acteurs de l’enseignement supérieur à dire aux étudiants internationaux qu’on est heureux de les accueillir et qu’ils représentent une richesse pour la France, pas seulement sur le plan économique, mais aussi sur le plan des échanges culturels et académiques.

Un campus, l’incarnation physique des idéaux de l’institution

Afin de souligner l’enjeu que représente les campus à l’international, Carine CAMBY a attiré l’attention sur le titre de la conférence : « Quels sont les standards internationaux d’attractivité des campus ? ». Ce titre ne parle pas de l’attractivité d’un « pays » mais d’un « campus », une entité physique qui se concrétise dans un lieu dédié à l’accueil des étudiants et des chercheurs. Ce lieu doit bien sûr être ouvert sur la Ville mais il doit cependant avoir sa propre identité. 

La Déléguée générale de la Cité internationale a regretté qu’il n’y ait pas encore tout à fait ces lieux en France mais s’est montrée optimiste pour les années à venir. Dans ce contexte, elle a rappelé la chance que représentait d’avoir à Paris un campus de 35 hectares comme la Cité internationale universitaire de Paris qui accueille chaque année 12 000 étudiants et chercheurs venus du monde entier. Les étudiants internationaux qui résident sur le campus de la Cité peuvent ainsi bénéficier de nombreux services de vie étudiante, comme le restaurant universitaire, et d’accompagnement à la mobilité, comme le guichet unique et les bureaux d’accueil dédiés, ouverts toute l’année.