Héros de la Cité : « La Cité internationale est une fête constante de l’esprit ayant pour seul langage celui du vivre-ensemble. » | Rygoh Philippe N’guessan


06/06/2019


Peux-tu nous raconter ton parcours et ton arrivée à la Cité internationale ?

Je m’appelle Rygoh, je suis Ivoirien. Mais rassurez-vous je vois très bien ! Je suis doctorant en littératures française et francophone à la Faculté des Lettres de Sorbonne Université. J’ai intégré la Cité internationale en septembre 2015 à la faveur de la « Bourse Master Île-de-France » en posant mes valises à la Fondation Deutsch de la Meurthe. J’ai été particulièrement frappé par son charme ancien et traditionnel. L’architecture de son pavillon central, avec son beffroi et son horloge rappelle fortement celle de l’école de Poudlard dans Harry Potter. D’ailleurs, pour plaisanter, je disais à certains amis qu’un épisode de cette fameuse série avait été tourné à la Deutsch. J’y ai passé une année académique conviviale, riche d’échange et de partage avec des étudiants internationaux à travers le Théâtre de la Deutsch, des apéros, des petits déjeuners ou la Deutsch Talk. Dans ma quête de découverte du monde qui m’entourait, j’ai rejoint la Fondation Lucien Paye en septembre 2016. Responsable culturel en 2016 puis président du Comité des résidents en 2017, j’ai participé à l’animation de la vie de cette résidence à travers des tables-rondes, des ciné-débats et l’organisation de différentes soirées festives.

Qu’est ce qui t’a motivé à intégrer la Cité internationale ?

Ce qui m’aura motivé à rester aussi longtemps à la Cité internationale, c’est d’abord son « uniquecité ». Ce lieu unique par la diversité de ses résidents et par son esprit du vivre-ensemble. C’est d’ailleurs ce caractère singulier, « hors du temps et hors du monde » de la Cité internationale qui fait dire à Romuald Fonkoua – Directeur de la Fondation Lucien Paye – qu’elle est à l’image de ce que devraient être les relations interculturelles : « Une fête constante de l’esprit ayant pour seul langage celui du vivre-ensemble. » La Cité internationale, c’est aussi le respect de la diversité. En effet, on a l’impression de voyager à travers les pays sans que notre différence suscite des regards suspicieux, et sans jamais être soumis aux contrôles des frontières. C’est ensuite le décloisonnement de la vie à la Cité internationale à travers des activités culturelles et sportives réunissant plusieurs maisons et plusieurs nationalités. Je fais, entre autres, l’allusion à la Fête de la Cité, au Tournoi inter-fondation, au vélo-volant, au Jardin du monde, à J’écris ma maison et à Cité unie. C’est enfin, ce cadre voluptueux, calme, beau, studieux ; éminemment propice à la rédaction de ma thèse.

Quels sont tes projets et objectifs futurs ?

Je voudrais être enseignant-chercheur à l’université. C’est un rêve. Une passion d’enfance. Évidemment pour y parvenir, il y a un préalable nécessaire : achever toute la rigueur scientifique recommandée à la rédaction de ma thèse sur la culture littéraire dans les manuels scolaires ivoiriens. À long terme, je voudrais intégrer le Ministère de l’Éducation nationale afin de contribuer à l’amélioration et à la (re)dynamisation de l’enseignement – littéraire – en Côte d’Ivoire. Du reste, j’aimerais me consacrer davantage à une seconde passion : l’écriture. Je compte m’employer à terminer la rédaction de quelques projets romanesques.

Penses-tu que ton séjour à la Cité internationale soit un tremplin pour ton avenir ?

Incontestablement, parce que la Cité internationale permet un brassage particulier qui contribue à la formation humaine et professionnelle ! « N’a de valeur que ce qui sert à unir les humains » disait Léon Toltoï. Et la Cité internationale en tant que communauté de valeurs est par conséquent, un lieu privilégié de formation, un lieu extrêmement formateur si bien qu’au sortir de là, le regard que l’on porte sur l’autre et sur le monde n’est plus la même chose. Résidé à la Cité internationale est une porte ouverte de privilèges et de responsabilités. Je rappelais supra avoir eu l’opportunité et la responsabilité d’être président de Comité. Travailler dans un milieu multiculturel, cosmopolite et plurilingue comme celui-ci est consubstantiellement un bon prélude pour mes responsabilités sociales et professionnelles futures. En sus, j’ai pu aiguiser et enrichir ma culture générale, littéraire, artistique, linguistique, culinaire, rupestre, musicale… aux contacts de ces étudiants venus des quatre coins du monde. D’ailleurs, il aura fallu ma rencontre, ici, avec un jeune togolais pour savoir que les langues tchokossi du Togo et baoulé de Côte d’Ivoire sont étonnement similaires.

Si tu devais résumer la Cité internationale en un mot, lequel choisirais-tu ?

Résumer la Cité internationale même en trois cents mots serait un exercice difficile parce qu’il n’aura jamais assez de mots, de phrases pour la décrire et la qualifier. Alors la résumer en un mot est une tâche quasiment impossible à réaliser avec satisfaction. Mais puisqu’il faut se prêter à l’exigence de l’exercice, je dirai que la Cité internationale pourrait se résumer en ce mot : découverte. La découverte, pour moi, suppose une ouverture ; l’exploration de l’inconnu, du méconnu en vue de mieux connaître. Ainsi sommes-nous enclins à de perpétuelles découvertes. Découverte de mots, de langues, de pratiques culturelles, de spécialités culinaires, de sonorités musicales, de danses, de littératures…qui nous unissent et nous différencient à la fois. Découverte parce que la Cité internationale est un lieu sensationnel à découvrir et à faire découvrir !

Rygoh Philippe N’guessan | Résident à la Fondation Lucien Paye


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