Héros de la Cité : « La Cité internationale est un cadre extraordinairement propice à la création et à la concentration.  » | Laurent Sinclair


11/04/2019


Peux-tu nous raconter ton parcours et ton arrivée à la Cité internationale ?

Je suis arrivé à la Cité internationale en octobre 2017 dans le cadre de mes travaux de recherche de doctorat en droit privé. Travaillant sur l’influence des nouvelles technologies sur le droit, je venais tout juste d’obtenir un poste d’attaché temporaire de recherche au sein d’un Laboratoire Versaillais, spécialisé dans ce domaine. Pour tout vous dire, je me souviens encore de mes premiers pas à la Cité internationale. Valise roulante à la main, marchant dans les jardins, j’étais déjà sous le charme de la beauté du lieu. En parfaite opposition avec un Paris où tout va très vite. La Cité internationale semblait presque anachronique, hors du temps. J’avais l’impression de voyager, de plonger dans les tableaux de mes peintres préférés. Les couleurs des lieux me permettaient de passer de Monet à Manet, de Chagall à Renoir… D’ailleurs, pour rejoindre ma Maison, je me souviens d’être passé devant la Maison de l’Argentine, puis de celle du Canada… d’Astor Piazzolla à Félix Leclerc, mon arrivée fut déjà un merveilleux voyage.

Qu’est ce qui t’a motivé à intégrer la Cité internationale ?

J’étais persuadé qu’ici tout était prétexte à l’échange, au partage, à la compréhension de l’autre. L’amitié, l’humilité, le respect. Je ne m’étais pas trompé. Par ailleurs, je voulais comprendre les différentes cultures du monde, les apprivoiser ! (et je ne vous cache pas aussi qu’il me fallait impérativement perfectionner mon anglais… c’est chose faite !) J’ai beaucoup aimé l’Auberge espagnole, le film de Cédric Klapisch, c’est peut-être un peu ça la Cité internationale au fond… à plus large échelle, certes, et en beaucoup plus studieux ! Par ailleurs et surtout, je voulais pouvoir rédiger ma thèse dans de bonnes conditions. Sereines. Je n’ai jamais aussi bien rédigé qu’à la Cité internationale.

Quels sont tes projets et objectifs futurs ?

Je voudrais enseigner le droit privé à l’Université. C’est une véritable vocation, une passion presque dévorante. J’adore la recherche et l’enseignement. Toutefois, pour y parvenir, ma priorité reste la réalisation d’une thèse irréprochable, d’une rigoureuse qualité. C’est ce que je m’efforce de faire à la Cité internationale, dans ce cadre extraordinairement propice à la création et à la concentration.

Penses-tu que ton séjour à la Cité internationale soit un tremplin pour ton avenir ?

Incontestablement ! C’est un tremplin immensément humain. On ne peut pas sortir de la Cité internationale sans mieux comprendre l’autre. C’est extrêmement formateur. J’échange avec des chercheurs de tous les horizons, ils m’ont ouvert l’esprit sur des tas de sujets, j’ai même pu comprendre quelques concepts de physique quantique ! C’est dire ! Ici, je pense souvent à Montaigne qui dans ses Essais expliquait l’importance de voyager et de « limer sa cervelle à celle d’autrui », et c’est d’ailleurs, peut-être un peu comme cela que je me suis lancé dans l’organisation de petites conférences entre chercheurs au sein de ma maison … C’est une expérience fascinante qui me servira sûrement dans mon futur métier. Enseigner le droit, c’est aussi échanger, débattre. De surcroît, grâce à la Cité internationale et à l’échange avec mes amis, j’ai pu découvrir des auteurs de tous horizons, élargir ma culture littéraire, musicale, artistique, et surtout … culinaire !

Si tu devais résumer la Cité internationale en un mot, lequel choisirais-tu ?

Il est très complexe de résumer la Cité internationale en un seul mot puisque la Cité se sont d’abord des émotions. Parfois les mots manquent pour les exprimer. Mais si vous m’imposez ce choix, alors pour me plier aux exigences de l’exercice, je choisirais sans doute le mot « Paix ».

Laurent Sinclair | Résident à la Fondation Deutsch de la Meurthe