3 questions à Marie-Christine LEMARDELEY, adjointe à la Maire de Paris, chargée de l’enseignement supérieur, de la recherche et de la vie étudiante

01/04/2019


par Oana Besnea


 

Paris est souvent en tête des classements des meilleures villes étudiantes au monde. Dans un contexte de concurrence mondiale accrue, comment le campus de la Cité internationale contribue-t-il à l’attractivité internationale de cette ville monde?

« Paris est une capitale attractive pour les étudiants. Vous avez raison de le rappeler, Paris est classée parmi les meilleures villes étudiantes au monde. Cette attractivité et cette excellence, nous les devons en partie à la Cité Internationale Universitaire de Paris, un lieu unique au monde.

 

D’abord, parce qu’elle est magnifique. Elle est un petit bijou d’architecture et de nature. Mais aussi parce qu’elle animée par une volonté ancienne et profonde d’unir et de rapprocher les peuples du monde entier. Elle se caractérise par sa tradition d’accueil. Initiée à partir des années 1920, la Cité a depuis fortement diversifiée la provenance et l’origine de ses résidents étudiants et chercheurs. Et ce, jusqu’à très récemment avec la « Saison 3 » de la Cité Internationale et son ouverture à de toutes nouvelles populations étudiantes issues de pays émergents dynamiques, encore peu représentées, comme la Corée et la Chine.

 

Chaque pays représenté par une maison dans la Cité Internationale offre une chance à ses ressortissants étudiants de venir étudier à Paris en y étant logés. Cela montre et confirme que l’éducation, la culture et la recherche sont une chance pour les jeunes du monde entier car ils leurs offrent de nombreuses opportunités pour se rencontrer, se découvrir et se rapprocher. La Cité internationale participe pleinement à cela. »

 

La Cité internationale accueille chaque année 12 000 étudiants et chercheurs internationaux. Quelle place est réservée à cette population dans la vie sociale, économique et culturelle de Paris?

« Paris est une ville étudiante. Étudiante, d’abord, par sa population : près d’un parisien sur dix est étudiant. C’est une donnée significative. Étudiante, ensuite, par l’importance des activités d’enseignement et de recherche. Il y a plus d’une centaine d’établissements d’enseignement supérieur à Paris. Étudiante, enfin, par l’énergie investie par Paris aux services des étudiants. Paris a pendant de nombreux moments de son histoire, été marquée par les étudiants, par leur présence et par leurs actions.

 

La construction de la Cité internationale universitaire de Paris est un de ces moments marquants. Avec Anne HIDALGO, la Maire de Paris, nous œuvrons, au quotidien, pour prendre en compte le bien-être des étudiants et, notamment, celles et ceux de la Cité. Ce lieu s’inscrit pleinement dans notre politique du logement. Le logement à Paris est cher. Pour les étudiants internationaux, c’est un obstacle important. C’est là l’importance de ce endroit et cela est d’autant plus vrai que sa capacité d’accueil va fortement augmenter dans les prochaines années, grâce à un accord foncier conclu entre la Ville et l’État, avec la « saison 3 » : plus de 30% de logements nouveaux pour les étudiants du monde entier.

 

Cette volonté de défendre un meilleur pouvoir d’achat et de bien-être des étudiants parisiens, nous la retrouvons aussi quand j’ai regretté la proposition du gouvernement français d’augmenter les frais d’inscription pour les étudiants extra-communautaires. Cette mesure risque de diminuer la place et l’importance du nombre d’étudiants internationaux à Paris et va à l’encontre de la tradition d’accueil de la Ville de Paris caractérisée notamment par la Cité internationale. »

 

Vous avez été Directrice d’une maison de la Cité internationale pendant 9 ans. Y-a-t-il un endroit sur le campus que vous affectionnez particulièrement?

« J’ai de nombreux bons souvenirs de mon passage à la Cité Internationale en tant que directrice du Collège Néerlandais. Je me rappelle, qu’avec mon fils, nous sommes allés à un match de football organisé au Stade Dalmasso tout à l’ouest du parc de la Cité internationale, à l’opposé du Collège Néerlandais. Nous avons traversé le parc en courant pour ne pas rater une seule seconde du match qui allait se jouer. Les résidents avaient fortement apprécié que je fasse le déplacement pour les voir jouer et les soutenir un dimanche. »