Les acteurs clés – Saison 2

Entre 1952 et 1969, le développement de la Cité est marqué par l’impulsion nouvelle des partenaires historiques, mais également par l’arrivée de nouveaux acteurs (Grandes Ecoles, nouveaux Etats influents), qui font de la Cité le théâtre prestigieux des relations internationale et un laboratoire d’innovations architecturales pour les grands maîtres du modernisme.


par Lucille Testard de Marans


La Fondation nationale : à l’origine d’une nouvelle impulsion

Après une période difficile due à l’occupation militaire, qui bouleverse la vie et le fonctionnement de la Cité, la Fondation nationale engage une nouvelle phase de développement, sous l’impulsion de son nouveau président Raoul DAUTRY, ancien ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme.

Les Grandes Ecoles : le concours de partenaires prestigieux

Avec la Maison des Élèves-ingénieurs Arts et Métiers, construite entre 1950 et 1961, et la Maison des Industries Agricoles et Alimentaires, édifiée en 1956, les Grandes Ecoles affirment leur intérêt pour l’œuvre de la Cité et leur volonté d’y prendre part, confortant d’autant le prestige du site.

A l’origine, la Maison des Arts et Métiers devait se composer d’un pavillon (inauguré en 1950). Mais l’augmentation des effectifs a conduit l’école à commander un second pavillon (inauguré en 1961), faisant ainsi de cette maison, avec ses 710 lits, la plus grande de la Cité.

Des jeunes Etats qui s’affirment sur la scène internationale

La seconde phase de développement de la Cité Universitaire est celle de son internationalisation. Elle confirme par ailleurs que le développement de la Cité est étroitement lié à l’évolution du monde et de ses rapports de forces.  

En effet, si la période 1925-1938 avait ouvert la Cité aux grandes puissantes « occidentales », notamment européennes (Etats-Unis, Canada, Belgique, Pays-Bas, Grande-Bretagne, Espagne, etc.), la période 1952-1969 voit de jeunes Etats (nés de la décolonisation ou de guerres d’indépendance), affirmer leur présence et leur influence sur la scène internationale via la construction d’une maison à la Cité.

C’est ainsi que la Cité est rejointe, entre autres, par la Tunisie (1953), la République Fédérale d’Allemagne (1956), le Cambodge (1957) et le Liban (1963), puis, durant la Guerre Froide, par des Etats membres du mouvement des non-alignés comme l’Inde (1968) et l’Iran (1969).

PARENT, LE CORBUSIER, COSTA : les maîtres du renouveau

Cette nouvelle période de construction est marquée, à son tour, par des expériences architecturales innovantes réalisées par des architectes de renom. Parmi eux, on peut citer LE CORBUSIER et Lucio COSTA, représentants célèbres du mouvement moderne, à qui la Cité doit la Maison du Brésil (1959).

Claude PARENT, architecte théoricien du style oblique, signe, quant à lui, la Fondation Avicenne (ex-Maison de l’Iran) en 1969.