L’expansion de la Cité

Malgré le sévère coup donné par la Seconde Guerre Mondiale, les idéaux pacifistes n’ont rien perdu de leur actualité et guident la Cité Universitaire vers un nouvel essor. Un domaine restauré et 17 nouvelles maisons, chefs-d’oeuvre d’architecture, permettent d’accueillir jusqu’à 5 500 étudiants dans un cadre exceptionnel. C’est l’heure de l’expansion de la Cité.


par Lucille Testard de Marans


Après la guerre, un domaine à restaurer

Les dégradations causées par l’occupation du site par les armées allemandes et américaines étant considérables, la Cité Universitaire entreprend, au sortir de la guerre, une vaste campagne de restauration de son domaine. La réfection des pistes d’athlétisme, des terrains de sport et de la grande pelouse, ainsi que la plantation de nouveaux arbres, permettent finalement à la Cité de retrouver son état d’avant-guerre à la fin des années 1950.

Le nouvel élan bâtisseur

Le sévère coup donné à l’idéal pacifiste avec la Seconde Guerre Mondiale n’entame pourtant pas le volontarisme des dirigeants. Sous l’impulsion de Raoul DAUTRY, qui succède à HONNORAT à la présidence de la Fondation nationale en 1948, la Cité s’engage rapidement dans une nouvelle ère de construction : 12 maisons sont construites dans les années 1950, suivies de 5 autres dans les années 1960. Avec ses 17 nouvelles maisons, la Cité voit sa capacité d’accueil portée à 5 500 lits, soit le double de celle atteinte à la fin de première période de construction (1925-1938).

Créées principalement avec le concours de gouvernements étrangers – les mécènes étant moins nombreux –, ces fondations sont édifiées, pour la plupart, sur de nouvelles parcelles situées à l’est et au sud du parc.

Une véritable exposition de l’architecture du XXe siècle

Alors que la première période de construction se caractérisait surtout par la coexistence de styles architecturaux variés rappelant l’identité nationale des maisons, cette nouvelle période voit se déployer le style international, à travers des chefs-d’œuvre signés par des architectes célèbres. Parmi eux : LE CORBUSIER, Lucio COSTA ou encore Claude PARENT.

La construction du périphérique : un tournant pour l’aménagement

A la fin des années 1950, la construction du boulevard périphérique vient bouleverser la physionomie du site et contrarier durablement les ambitions d’extension de la Cité Universitaire.

En effet, implanté en bordure sud de la Cité, le périphérique l’ampute d’une frange de 60 mètres de large sur toute sa longueur, la privant de 2 hectares de terrains constructibles. A cette réduction de surface s’ajoute la dislocation du domaine : un des deux bâtiments de la Maison des Arts et Métiers se trouve isolé de l’autre côté du boulevard. Enfin, certains équipements sportifs doivent être supprimés ou réaménagés pour libérer la bordure sud.

A partir de ce moment, contrainte au sud comme au nord, à l’est et à l’ouest, la Cité Internationale Universitaire de Paris (nommée ainsi à partir de 1963) n’a plus la possibilité de s’étendre, et c’est avec la Maison de l’Iran, inaugurée en 1969, que s’achève le deuxième cycle de construction. Il faudra attendre 2012 et les échanges fonciers pour entrevoir de nouvelles perspectives de développement.

 

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Construction du périphérique : entre Maisons du Cambodge (devant) et des Arts et Métiers (au fond)

Pour en savoir plus sur l’histoire de la Cité, son architecture, ses missions et son développement, rendez-vous à L/Oblique : exposition permanente, visites thématiques (sur l’architecture, le parc, les créations artistiques, la vie quotidienne et le projet de développement) et supports numériques innovants vous feront traverser le temps et l’espace à la découverte de ce lieu d’exception.